À Macina, dans la région de Ségou, des personnes déplacées du village de Souleye, ayant fui une attaque survenue début septembre, demandent davantage d’assistance. Arrivées avec très peu de biens, certaines disent avoir perdu leurs pièces d’identité dans leur fuite. Aux périphéries de Bamako, d’autres déplacés font également face à des difficultés alimentaires, au coût du logement et aux dépenses liées à la rentrée scolaire.
À Macina, les déplacés de Souleye et de plusieurs villages environnants disent traverser une situation difficile. Leurs principales préoccupations concernent notamment l’alimentation, le logement et l’accès aux documents administratifs.
Selon plusieurs témoignages, certains biens ont été abandonnés, détruits ou incendiés lors de leur fuite. Des déplacés affirment également avoir perdu leurs pièces d’identité et demandent aux autorités de faciliter leur rétablissement.
« Nous n’avons pas encore reçu d’aide. Mais l’établissement de la liste est toujours en cours. Notre souhait est qu’il y ait la quiétude pour que nous puissions retourner dans nos villages », témoigne l’un d’eux.
Un autre déplacé explique que plusieurs localités ont été vidées de leurs habitants : « Pour le moment, nous souhaitons avoir un espace à Macina pour pouvoir mener nos activités. Souleye et quatre de ses villages ont été vidés de leurs habitants. Nos pièces d’identité ont également été brûlées devant tout le monde. Nous invitons donc les autorités à nous aider à rétablir nos documents. »
Une autre déplacée résume sa situation en quelques mots : « Nous sommes arrivés ici pratiquement les mains vides. » Elle appelle également le gouvernement à répondre aux besoins alimentaires et à apporter un soutien financier aux familles.
Les populations hôtes appellent à davantage de soutien
Face aux difficultés rencontrées par les déplacés, des habitants de Macina se sont mobilisés pour leur apporter des vivres. Mais pour les populations hôtes, les moyens disponibles restent limités au regard de l’ampleur des besoins.
« Nous n’avons que de la souffrance dans nos pensées. Aujourd’hui, tout ce que nous voulons, c’est de l’aide parce que nous sommes vraiment dans le besoin. Dans de telles situations, les gens ont simplement besoin d’être secourus, parce qu’ils sont venus sans rien », témoigne un habitant de Macina.
Il appelle l’État et les partenaires humanitaires à renforcer leur soutien aux familles déplacées.
À Bamako, la période de soudure complique davantage la situation
Dans les périphéries de Bamako, notamment à Mountougoula, Sirakoro et Farako, les personnes déplacées font également face à de nombreuses difficultés.
La faiblesse de la production agricole pour ceux qui sont retournés dans leurs villages, le coût des loyers et les dépenses liées à la rentrée scolaire figurent parmi leurs principales préoccupations.
Pour Amadou Diallo, porte-parole des déplacés, la situation économique est particulièrement difficile.
« En ce moment, c’est très difficile pour nous. Auparavant, nous allions dans les parcs à bétail où nous gagnions un peu d’argent pour subvenir à nos besoins. Mais depuis que les parcs sont fermés, nous nous sommes éparpillés dans la ville de Bamako, ce qui complique beaucoup les choses pour nous », explique-t-il.
Selon lui, certains déplacés qui avaient regagné leurs villages sont revenus à Bamako après une mauvaise saison agricole. À cela s’ajoutent les dépenses liées au logement et à la scolarisation des enfants.
« Pour une personne pauvre, payer le loyer est très difficile. Nous sommes également à l’approche de la rentrée scolaire. Payer les frais des écoles privées pour nos enfants et acheter les fournitures scolaires, c’est vraiment difficile pour nous », poursuit Amadou Diallo.
Une assistance humanitaire jugée insuffisante
Les déplacés déplorent également la diminution de l’aide humanitaire. Certains partenaires continuent néanmoins d’apporter un soutien, notamment à travers des distributions de vivres.
Le vendredi 18 septembre 2026, plus de 2 000 déplacés ont ainsi reçu des kits alimentaires à Sogoniko, dans la Commune VI du district de Bamako.
« L’aide se fait de plus en plus rare. Seuls certains humanitaires turcs nous font des dons tous les deux ou trois mois. Mais ce qu’ils donnent reste insuffisant pour une famille nombreuse », souligne Amadou Diallo.
D’après lui, les kits distribués comprennent notamment du riz, du maïs, des pâtes alimentaires, de l’huile et du sucre. Une aide financière et des pagnes peuvent également être ajoutés selon les distributions.
Entre besoins alimentaires, difficultés de logement et accès aux services essentiels, les personnes déplacées restent donc confrontées à des conditions de vie difficiles. Elles appellent à la poursuite et au renforcement de l’assistance humanitaire afin de mieux traverser cette période de soudure.
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