Bamako : un assassinat présumé relance le débat sur les violences faites aux femmes
📷 Studio Tamani/Fondation Hirondelle

Bamako : un assassinat présumé relance le débat sur les violences faites aux femmes

Le décès d’une jeune femme retrouvée morte par balle à son domicile conjugal à Bamako, suscite une vive émotion. L’Association pour le progrès et la défense des droits des femmes (APDF) condamne le drame et appelle les autorités à appliquer rigoureusement les sanctions prévues contre les violences faites aux femmes.

L’affaire suscite de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux. La présidente nationale de l’APDF, Diawara Bintou Coulibaly, condamne les faits et demande que justice soit rendue. « L’acte, quand même, a été commis et nous le condamnons. Nous souhaitons que la personne soit condamnée, parce que ce sont des exemples que nous ne devons pas encourager », déclare-t-elle.

« Des sanctions existent, mais leur application pose problème »

Pour Diawara Bintou Coulibaly, la lutte contre les violences faites aux femmes nécessite, au-delà des campagnes de sensibilisation, une application effective des sanctions. « Il y a des sanctions, mais c’est leur application qui pose problème. Nous demandons aux autorités d’appliquer les sanctions nécessaires pour qu’on puisse arrêter ces violences », insiste-t-elle.

La présidente de l’APDF affirme que plusieurs femmes ont été tuées au Mali. Selon les informations dont dispose son association, huit à neuf femmes auraient été victimes de ces violences.

Présomption d’innocence : le rappel d’un juriste

L’interpellation du mari de la victime a également suscité de nombreuses réactions. Toutefois, le juriste Ibrahim Khalid Touré rappelle que toute personne soupçonnée d’un crime bénéficie de la présomption d’innocence jusqu’à ce que sa culpabilité soit établie par la justice.

« Une personne accusée ou suspectée peut jouir de la présomption d’innocence tant qu’il n’y a pas de condamnation définitive », explique-t-il.

Il précise que la découverte éventuelle d’une arme sur les lieux ou la mise en détention d’un suspect ne suffit pas, à elle seule, à établir sa culpabilité.

Le juriste souligne ainsi que le mandat de dépôt ne constitue pas une déclaration de culpabilité. Il appartient à la justice d’examiner les éléments de l’enquête et de déterminer les responsabilités. Le décès de cette jeune dame ravive les préoccupations autour des violences conjugales et des violences mortelles faites aux femmes au Mali.

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