Ecole : difficile reprise des cours dans les établissements publics
Des élèves en classe, le 2 juin, au groupe scolaire de Sogoniko. © Studio Tamani

Ecole : difficile reprise des cours dans les établissements publics

Réouverture des écoles : les élèves des classes d’examens ont repris ce mardi 2 juin le chemin de l’école après plus de deux mois de suspension des cours à cause de la maladie à Coronavirus. Mais dans plusieurs écoles publiques, les enseignants ont boycotté les cours. La réouverture des écoles se fait ainsi dans un contexte de Covid-19 et de bras de fer entre le gouvernement et les syndicats d’enseignants autour de l’application de l’article 39, portant statut du personnel enseignant.

Il est 8 heures au groupe scolaire 2 de Sogoniko en Commune VI du district de Bamako. Aucun dispositif de lavage des mains n’est disponible ici. Le directeur du second cycle 4 fait le tour des six classes de 25 élèves pour distribuer les masques. Mahamadou Adama Maïga passe un message d’avertissement aux élèves. « A partir de ce matin, tout élève qui vient sans son masque qu’on lui a donné, il ne rentre pas en classe. Le masque vous protège, on vous l’a dit. Il y a une maladie qui est là et qui est entrain de tuer des milliers de personnes », explique le responsable du groupe scolaire aux élèves.

Dans cet établissement, quelques enseignants ont répondu à l’appel, mais personne n’est rentré en classe pour les cours. Un problème technique en est la cause, selon le directeur de l’établissement. « Hier, je n’ai pas eu le temps de reprendre l’emploi de temps parce que cet emploi de temps doit être reparti entre tous les enseignants, mêmes ceux qui étaient dans les 7e années vont redescendre cette fois-ci dans les classes d’examen », ajoute Mahamadou Adama Maïga

Si les emplois du temps ne sont pas prêts au second cycle du groupe scolaire 2 de Sogoniko, tel n’est pas le cas au lycée Ibrahim Ly. Les enseignants des 36 classes de baccalauréat ont tout simplement boycotté la reprise. « Les professeurs ne sont pas rentrés parce qu’il y avait une assemblée générale ici. Voilà pourquoi il n’y a pas eu de cours. Pour le moment, il n’y a pas de préavis de grève déposé. Donc après leur assemblée, je pense qu’il y a pas d’argument pour ne pas faire des cours pour l’instant », a soutenu Ibrahima Diallo, proviseur du Lycée Ibrahima Ly.

Les élèves très mobilisés sont surpris par le mouvement des enseignants. Et certains n’ont plus d’espoir. « Si on fait une année blanche, ça nous arrange, parce qu’on a rien fait depuis la 11e année. On est désespéré », crie cet élève.
En revanche, les cours se passent normalement dans les établissements privés que nous avons visités. Les mesures barrières sont respectées.
La réouverture des classes se fait dans un contexte de bras de fer entre le gouvernement et les enseignants. La Synergie des syndicats des enseignants signataires du 15 octobre 2016 a boycotté cette reprise des cours. En grève avant la crise de la pandémie, les enseignants réclament l’application de l’article 39, portant statut du personnel enseignant. Les négociations entreprises la semaine dernière avec le gouvernement ont échoué.

Pourtant malgré ces menaces sur l’année scolaire, les autorités scolaires se veulent optimistes. Selon le Directeur national de l’enseignement fondamental, l’année scolaire 2019-2020 sera validée. Le responsable du ministère de l’éducation nationale exclut toute idée d’année blanche.
Mahamadou Keïta, Directeur national de l’enseignement fondamental :

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