La solidarité familiale « en perte de vitesse » entre les villes et les campagnes
Une gare routière à Bamako. Photo prise par le 25 décembre 2023 Studio Tamani

La solidarité familiale « en perte de vitesse » entre les villes et les campagnes

Dans notre société, certaines pratiques resserraient les liens entre les citadins et leurs parents du village. Parmi celles-ci les visites régulières que ces derniers effectuaient en grandes villes, mais aussi les produits agricoles ou naturels qu’ils envoyaient aux parents en ville. Des gestes qui ont tendance à disparaître de nos jours.

L’insécurité, la rareté des produits agricoles, la cherté de la vie en milieu rural, entre autres, auraient mis fin à cette belle pratique dans plusieurs familles. Une situation que déplorent des habitants de Kolokani, Bankass et Yanfolila.

« Vous avez constaté qu’on rend visite à nos parents à Bamako sans présent, parce que les produits sont plus abordables là-bas que chez nous », souligne une dame. « Avant, j’apportais du datou et de la potasse à nos parents, mais avec l’insécurité, nous avons du mal à nous rendre en brousse », soutient une autre. « Nous apportions des aubergines, des échalotes et des choux en ville, mais nos productions ne sont plus rentables », déplore une intervenante. Mais pour cet homme, il y a une perte des valeurs « Les jeunes ont tendance à ne rien hériter des valeurs africaines », .

Le manque d’intérêt des citadins indexé

Un autre facteur à l’origine de la disparition de cette valeur sociétale, est l’indifférence des citadins face aux gestes désintéressés des parents du village. Mais pour des habitants des grandes villes, cette indifférence naît des suspicions et méfiances entre des membres d’une même famille.

« Les parents qui vivent dans les zones urbaines ont montré qu’ils n’ont pas besoin de ce que les gens amènent du village », regrette un intervenant. « Les citadins pensent que les villageois attendent un retour sur investissement ou qu’ils veulent les envoûter avec ces présents », s’indigne un chef de famille.

Le sociologue Abdrahamane Koné pointe du doigt la modernité qui aurait pris le dessus sur cette belle valeur culturelle. Il recommande de remettre celle-ci au goût du jour pour le bien des générations futures.