Le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a reçu ce lundi le haut responsable du bureau des affaires africaines du département d’État américain, Nick Checker. Les échanges ont surtout porté sur les questions d’intérêt commun, notamment sécuritaire et économique.
Pour Dr Hossene Ben Bamba, spécialiste des relations internationales, cette visite peut être interprétée comme un signal politique pragmatique.
« Les États-Unis ont longtemps adopté une posture de prise de distance vis-à-vis du Mali, plus largement des pays de l’AES. Mais l’isolement diplomatique n’a pas produit les résultats escomptés», affirme l’analyste.
Selon lui, donc c’est ce qui explique cette visite de ce diplomate américain au Mali. « Cette visite traduit une réévaluation réaliste de la politique américaine au Sahel. Elle traduit également la reconnaissance que le Mali reste un acteur central dans les questions sécuritaires ouest-africaines, dixit Dr Hossene Ben Bamba.
Aussi, pour le spécialiste, les États-Unis veulent « maintenir des canaux de dialogue, même en période de désaccords profonds ». Comme ce fut le cas dans l’histoire des visas, rappelle Dr Bamaba, qui ajoute que cette visite est « plus qu’un acte de normalisation totale ».
Un rapprochement entre les États-Unis et l’AES ?
Un rapprochement, oui, mais très prudent et conditionnel, pense Dr Bamba. « Il serait excessif de parler d’un véritable retour en grâce des pays de l’AES auprès de Washington », tempère l’expert des relations internationales. En revanche, Dr il souligne que « les États-Unis semblent accepter l’idée que l’AES est désormais une réalité politique et sécuritaire durable ».
De ce fait, analyse donc le spécialiste des relations internationales « Washington cherche à éviter une rupture totale qui laisserait le champ libre à d’autres puissances ». « On est donc face à une logique de dialogue sans illusion. Chacun parle à l’autre sans renoncer à ses lignes rouges », a-t-il conclu.
