Mali : société civile et ONG préoccupées par le nouveau mécanisme de contrôle des associations
Monument de l'indépendance du Mali à la veille du 22 septembre 2025. Crédit photo : Studio Tamani

Mali : société civile et ONG préoccupées par le nouveau mécanisme de contrôle des associations

Au Mali, les ONG, associations et fondations devront désormais verser une contribution obligatoire de 10 % sur les ressources de leurs projets. Cette disposition s’inscrit dans le cadre du nouveau mécanisme de contrôle des organisations à travers la mise en place de l’Agence nationale d’investissement des collectivités territoriales et d’appui au contrôle des associations et fondations (ANICT-ACAF).

Dans un communiqué conjoint, plusieurs organisations de la société civile disent comprendre la volonté des autorités de renforcer la transparence et la bonne gouvernance dans la gestion des financements. Toutefois, elles expriment de sérieuses préoccupations quant aux impacts de cette mesure sur les actions humanitaires et de développement.

Les organisations signataires, notamment la PONAH, le CCA-ONG, le CNSC, la CAFO, le Groupe Pivot Santé Population et le FONGIM, estiment que cette contribution pourrait entraîner une réduction des ressources directement destinées aux populations bénéficiaires, notamment dans les secteurs sociaux comme la santé, l’éducation et la sécurité alimentaire.

Elles soulignent également que cette disposition pourrait compliquer les relations avec les partenaires techniques et financiers, dont les procédures sont souvent strictes sur l’utilisation des fonds. Selon elles, cette situation pourrait à terme affecter la confiance des bailleurs et l’attractivité du Mali pour les financements internationaux.

Les organisations rappellent par ailleurs leur rôle important dans le développement socio-économique du pays, à travers la création d’emplois, le paiement des impôts et cotisations sociales ainsi que la mise en œuvre de nombreux projets au profit des communautés vulnérables.

Face à cette situation, elles appellent à l’ouverture d’un cadre de concertation avec les autorités afin de trouver un consensus qui permette d’assurer à la fois la transparence dans la gestion des ressources, l’efficacité de l’aide et la protection des intérêts des bénéficiaires.

Malgré leurs inquiétudes, ces organisations réaffirment leur engagement à poursuivre leur collaboration avec l’État malien dans un esprit de partenariat constructif au service du développement.