À Tombouctou, les victimes d’Al Hassan attendent des réparations « directes et justes »
Le chef de la police djihadiste malienne Al Hassan Ag Abdoul Aziz Ag Mohamed Ag Mahmoud le jour de son verdict le 20 novembre 2024 au tribunal de la CPI à La Haye. Crédit photo : Eva Plevier / POOL / ANP / AFP

À Tombouctou, les victimes d’Al Hassan attendent des réparations « directes et justes »

La Chambre de première instance X de la CPI a annoncé, ce mardi, que l’ordonnance de réparation pour les victimes dans l’affaire Al Hassan sera prononcée le 28 avril prochain. À Tombouctou, cette annonce suscite un réel soulagement au sein de l’Association des victimes de la répression des mouvements armés du Nord du Mali (ADVRMA). Mais malgré cet espoir, l’organisation insiste : le processus doit être plus direct et inclusif.

Les victimes affirment avoir lourdement souffert des exactions commises par Al Hassan et ses hommes. Pour le président de l’ADVRMA, El Hadj Garba Maïga, les réparations doivent profiter directement aux victimes et à leurs ayants droit, sans passer par des intermédiaires. « Il faut impérativement s’assurer que la réparation soit juste. Il ne faut pas qu’il y ait des intermédiaires », insiste-t-il.

Cette exigence fait écho à une expérience jugée décevante par l’association : l’affaire Al-Faqi. Selon El Hadj Garba Maïga, les réparations dans ce dossier n’ont pas été équitables. « Il y a eu des opérateurs et d’autres personnes, pendant que les victimes directes, comme nous, n’avons pas été touchées », déplore-t-il.

L’Association des victimes de la répression des mouvements armés du Nord du Mali, ADVRMA, plaide donc pour un lien direct avec les instances de la Cour. « Nous voulons être en contact direct avec le greffe de la Cour ou avec nos organisations représentatives », ajoute-t-il.

Au-delà de la décision attendue, les victimes espèrent une réparation à la fois morale et pécuniaire, à la hauteur des souffrances subies. Le rendez-vous du 28 avril est désormais perçu comme une étape cruciale dans leur quête de justice.

Pour rappel, Al Hassan Ag Abdoul Aziz Ag Mohamed, ancien membre d’AQMI, a été jugé et condamné à 10 ans de prison pour des crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis à Tombouctou entre 2012 et 2013.