26 mars 1991 : quel héritage pour la démocratie malienne ?
Monument du 26 mars 1991. Credit photo presidence de la république du Mali

26 mars 1991 : quel héritage pour la démocratie malienne ?

Le 26 mars 1991, il y a 35 ans, le régime du Général Moussa Traoré tombait suite à une insurrection populaire. La fin de 23 années de règne qui a aboutit à la reconnaissance de plusieurs droits et libertés au peuple. Mais la construction démocratique du Mali a été émaillée de plusieurs ruptures anticonstitutionnelles.

La chute du régime de Moussa Traoré a ainsi ouvert la voie à l’adoption d’une nouvelle Constitution en 1992, consacrant le multipartisme et les libertés fondamentales. Depuis cette période, plusieurs avancées ont été enregistrées dont l’instauration d’élections régulières, la liberté d’expression et de presse, avec l’émergence de nombreux médias indépendants. Le renforcement de la société civile, devenue un acteur clé du débat public. La décentralisation, visant à rapprocher la gouvernance des citoyens. Ces acquis ont longtemps fait du Mali un exemple de démocratie en Afrique de l’Ouest.

Une démocratie mise à l’épreuve

Ces progrès ont été fragilisés par plusieurs facteurs à savoir la faiblesse des institutions, souvent confrontées à des crises de légitimité. La corruption et la mauvaise gouvernance, qui minent la confiance des citoyens. Les successions de coups d’Etat. Le dernier survenu en 2021 a abouti à la remise en cause de plusieurs acquis démocratiques, dont l’existence des partis politiques, des associations et mouvements à caractères politiques.

Les victimes de la répression demandent la création d’une fondation à leur nom

L’Association pour la Défense des Victimes de la Répression (ADVR) réclame aux autorités la matérialisation et l’opérationnalisation de la « Fondation du 26 mars 1991 ». Selon elle, la mise en œuvre de cette fondation permettra d’amoindrir la souffrance des victimes de toutes les répressions, de 1968 à nos jours. Cependant, l’ADVR reconnaît le rôle central des autorités dans la prise en charge médicale et l’accompagnement des blessés de la répression de 1991.

Abdoulaye Dembélé, président de l’Association pour la Défense des Victimes de la Répression (ADVR).