Les ministres des Affaires étrangères de l’Alliance des États du Sahel (AES) et des responsables de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) se sont réunis les 17 et 18 avril 2026 à Lomé. Objectif : jeter les bases d’un cadre formel de coopération au service des populations ouest-africaines.
Pour le spécialiste en relations internationales Hossène Bamba, ce rapprochement constitue un tournant majeur pour la région.
Selon lui, les pays de l’AES font face à une menace terroriste durable. Deux approches coexistent aujourd’hui : l’AES privilégie une stratégie axée sur la souveraineté et la coopération militaire ; la CEDEAO mise sur une réponse plus globale, incluant diplomatie et coopération régionale.
L’enjeu est donc clair : parvenir à une coordination efficace.
Un rapprochement permettrait de mutualiser les moyens, d’améliorer le partage de renseignements et d’adopter une stratégie commune face à un ennemi transfrontalier. Pour l’expert, cette dynamique est essentielle pour éviter une fragmentation durable de l’Afrique de l’Ouest.
Une force unifiée de l’AES passe à 15 000 hommes
Parallèlement, la Confédération AES accélère le déploiement de sa force conjointe. Ses effectifs devraient dépasser prochainement les 15 000 hommes. Ce renforcement vise à intensifier la lutte contre le terrorisme dans l’espace sahélien.
Selon Ahmadou Touré, chercheur en sciences politiques spécialisé en paix et sécurité au Mali, les premières opérations ont déjà produit des résultats concrets.
Les 6 000 premiers soldats déployés ont permis : de renforcer la sécurité dans les zones frontalières, de reprendre le contrôle de secteurs stratégiques, notamment dans la zone des trois frontières, d’affaiblir et désorganiser les groupes armés.
Ces opérations reposent notamment sur un commandement intégré et un partage accéléré du renseignement.
Autre signal positif : le retour progressif des populations dans certaines localités, signe d’une amélioration relative de la situation sécuritaire.
