À Gao, accéder à l’eau potable relève désormais d’un véritable défi pour de nombreux habitants. Sous l’effet des fortes chaleurs, la pénurie s’aggrave de jour en jour. Entre longues files d’attente, hausse des prix et rareté des sachets d’eau, les populations peinent à couvrir leurs besoins essentiels. Face à cette situation, les autorités communales annoncent des mesures d’urgence.
Dans plusieurs quartiers de la ville, les habitants passent des heures à chercher quelques seaux d’eau. Certaines familles déboursent jusqu’à 2 000 FCFA pour une barrique tous les deux jours, une dépense devenue difficile à supporter dans un contexte économique déjà tendu.
Pour tenter de faire face à la crise, des particuliers équipés de groupes électrogènes fournissent de l’eau aux riverains. Mais ces initiatives restent insuffisantes face à une demande grandissante. « Ici, au quatrième quartier, on ne sait même plus quoi dire. Parfois, de 5 heures jusqu’à 10 heures, je n’arrive à avoir qu’un seul seau d’eau », témoigne une habitante de Gao. Elle ajoute qu’un voisin fait fonctionner un groupe électrogène pour aider les habitants, sans parvenir à satisfaire tout le monde.
La pénurie entraîne également une hausse importante du coût de l’eau. Des ménagères affirment être contraintes d’acheter régulièrement des barriques à des prix élevés. Plusieurs habitants appellent les autorités à agir rapidement afin d’éviter une aggravation de la situation.
Des pannes techniques pointées du doigt
Les autorités communales reconnaissent l’ampleur de la crise. Selon Yacouba Mahmoud Maïga, deuxième adjoint au maire de la commune urbaine de Gao, des pannes techniques touchant les installations de la SOMAGEP seraient à l’origine des difficultés. L’élu explique que le groupe électrogène chargé d’alimenter les installations est tombé en panne.
Il assure toutefois que des solutions sont en cours. Une pièce destinée à réparer le moteur serait déjà arrivée à Gao. Par ailleurs, le Comité international de la Croix-Rouge envisage de mettre un groupe électrogène à la disposition de la SOMAGEP.
En attendant un retour à la normale, les habitants continuent de s’organiser tant bien que mal pour accéder à cette ressource vitale devenue rare dans la cité des Askia.
