À l’approche de la Tabaski, de nombreuses familles déplacées internes au Mali vivent entre ferveur religieuse et incertitude. Chassées de leurs localités par l’insécurité, elles peinent déjà à couvrir leurs besoins quotidiens. Dans ces conditions, acheter un mouton pour accomplir le sacrifice de la fête apparaît comme un luxe inaccessible. De Macina à Tominian, en passant par Tombouctou, plusieurs déplacés appellent à la solidarité.
Au site de Némabougou 2, dans le cercle de Macina, les conditions de vie restent particulièrement difficiles. Pour de nombreuses familles, les priorités quotidiennes sont déjà difficiles à assurer. Alors, préparer la Tabaski relève d’un véritable casse-tête.
Souleymane Traoré, porte-parole des personnes déplacées, décrit une population inquiète à quelques jours de la fête. Selon lui, beaucoup de familles n’ont aucun revenu pour acheter un mouton, des vêtements ou même de quoi nourrir leurs proches ce jour-là.
Au-delà du sacrifice religieux, il rappelle que les parents doivent aussi faire face aux dépenses liées aux habits des enfants et à la préparation du repas. Pour lui, un soutien extérieur pourrait soulager de nombreuses familles qui vivent cette période avec angoisse.
À Tominian, des besoins toujours urgents
À Tominian, plusieurs déplacés venus de Diallassagou, dans le cercle de Bankass, essaient de se reconstruire après avoir fui les violences.
Himidou Ongoïba, originaire de Mondoro, s’y est installé avec sa famille il y a trois mois. Il raconte que, malgré une première assistance reçue à leur arrivée, les besoins restent importants. Selon lui, les familles souhaitent simplement pouvoir vivre la fête comme les autres. C’est-à-dire disposer d’un mouton, de nourriture et de vêtements pour les enfants.
Comme lui, de nombreux déplacés disent attendre encore un appui pour traverser cette période.
À Tombouctou, l’attente et la foi
Dans la région de Tombouctou, l’attente se prolonge également. Plusieurs déplacés affirment avoir été recensés par des personnes leur promettant une aide, notamment la distribution de moutons pour la fête. Mais jusqu’ici, rien n’aurait encore été distribué.
Malgré cette situation, certains gardent espoir. Beaucoup disent s’en remettre à Dieu et à la solidarité des bonnes volontés, convaincus qu’une aide peut encore arriver avant le jour de fête.
Une fête sous le signe de l’attente
À travers le Mali, des milliers de personnes déplacées internes vivent la même inquiétude à l’approche de la Tabaski. Pour ces familles marquées par l’exil, obtenir un mouton de sacrifice représente bien plus qu’un rite religieux. C’est aussi une manière de préserver un repère, une dignité et une tradition profondément ancrée dans leur quotidien.
À quelques jours de la fête, beaucoup espèrent encore un geste des autorités, des organisations humanitaires ou de simples citoyens pour ne pas passer la Tabaski dans le dénuement.
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