La crise du carburant refait surface dans plusieurs régions du Mali. De Ségou à Mopti, en passant par San, les populations sont confrontées à une forte hausse des prix et à des difficultés d’approvisionnement. Dans certaines localités, le litre d’essence est vendu entre 2 250 et 3 000 francs CFA, avec des conséquences directes sur la mobilité des habitants et les activités économiques.
À Mopti, la situation inquiète de nombreux usagers. Entre la rareté du carburant et l’envolée des prix, les déplacements deviennent de plus en plus compliqués.
« Les tricycles sont à l’arrêt à cause du manque de carburant. Nous, habitants de Mopti, nous souffrons », témoigne cet usager des transports en commun.
Dans les rues de la Venise malienne, plusieurs habitants dénoncent également la spéculation autour du carburant. « Ici à Mopti, il est très difficile de trouver du carburant. Le litre est vendu à 2 250 FCFA », explique un riverain.
Un autre habitant estime que la situation s’est davantage dégradée ces derniers jours. « Aujourd’hui, la situation est grave. Par endroits, le litre d’essence est cédé entre 2 500 et 3 000 FCFA », affirme-t-il. À ses côtés, un autre chef de famille raconte : « Ce matin, nous avons dû faire la queue chez un revendeur de carburant en bouteilles pour pouvoir nous approvisionner. »
La société civile hausse le ton
À Ségou et à San, des organisations de la société civile dénoncent la prolifération de la vente clandestine de carburant. Selon elles, cette pratique favorise la spéculation et accentue les difficultés d’approvisionnement.
« De façon générale, nous constatons que le marché noir est aujourd’hui mieux approvisionné que le circuit officiel à Ségou », déplore Modibo Oumar Coulibaly, président de la coordination régionale de la société civile.
Même constat à San. « Durant les deux dernières semaines, les prix n’ont cessé d’augmenter. Aujourd’hui, le litre est vendu entre 2 500 et 2 750 FCFA. Les travailleurs souffrent énormément de cette situation », indique Lamine Coulibaly, secrétaire général du bureau local de la société civile.
À Bamako également, des files d’attente ont été observées devant plusieurs stations-service entre dimanche et mardi matin. Toutefois, selon diverses sources, plusieurs centaines de citernes transportant du carburant sont arrivées dans la capitale ces dernières heures, laissant espérer une amélioration progressive de l’approvisionnement.
