Suspension des motos grosses cylindrées : la population entre adhésion et inquiétudes
La devanture d'un magazin qui vend des motos grosses cylindrées au grand marché de Bamako. Photo prise le 3 juin 2026. Crédit photo : Studio tamani

Suspension des motos grosses cylindrées : la population entre adhésion et inquiétudes

Après l’arrêté interministériel du 3 juin 2026 interdisant, jusqu’à nouvel ordre, la circulation des motos de 125 cm³ et plus au-delà des grandes agglomérations, le gouvernement a décidé de suspendre l’importation, le transit et la commercialisation de ces engins sur l’ensemble du territoire national. Une décision qui suscite des réactions contrastées.

Au Grand Marché de Bamako, de nombreuses motos à grosses cylindrées sont encore exposées dans les boutiques. Pour les commerçants, cette nouvelle mesure représente un coup dur.

Bourama Tangara, vendeur de motos, dit avoir été surpris par cette décision. « Nous ne pouvons que suivre la décision des autorités, même si cela ne nous arrange pas », confie-t-il.

Il souligne que son magasin dispose encore d’importants stocks de motos concernées par l’interdiction. « Tout ce que vous voyez ici sont des grosses motos. Nous en avons encore beaucoup en magasin. C’est difficile pour nous et nous espérons des mesures d’accompagnement », ajoute-t-il.

Une mesure diversement appréciée

À Bamako, Bankass, Yorosso et Bafoulabé, les réactions sont partagées. Certains habitants estiment que cette décision est nécessaire pour renforcer la sécurité, tandis que d’autres redoutent ses conséquences sur leur mobilité et leurs activités économiques.

À Bankass au centre du pays, un habitant se résigne : « C’est pour la nation, donc nous ne pouvons que nous soumettre et accepter. » Un peu plus au sud du pays, notamment à Yorosso, des citoyens craignent un impact sur les déplacements et l’économie locale.

« Cela peut freiner les déplacements et affecter les activités économiques dans plusieurs localités », estime un habitant.

Même inquiétude à Bafoulabé, où les alternatives de transport restent limitées. « Le respect de la mesure sera difficile au début. Beaucoup de personnes en brousse n’ont pas d’autres moyens de déplacement », explique un résident.

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Autre conséquence observée depuis l’annonce de la mesure, la hausse du prix des motos dénommées « Jakarta » selon plusieurs sources. A Ségou, une région du centre, cet engin vendu à 450 000 FCFA, la semaine dernière est aujourd’hui cédé à 500 000 FCFA. Pourtant, à en croire des commerçants, cette augmentation du prix de la moto « jakarta » ne date pas de la mesure d’interdiction. Selon ces derniers, elle serait liée aux difficultés d’approvisionnement causées par le contexte sécuritaire, ainsi qu’à la hausse des coûts de transport des marchandises.