La Côte d’Ivoire affiche la volonté de renforcer sa coopération sécuritaire avec le Mali et le Burkina Faso dans la lutte contre le terrorisme. Pour plusieurs analystes, cette démarche pourrait contribuer à améliorer la sécurité le long des frontières communes et à renforcer l’efficacité des opérations contre les groupes armés. Ils soulignent toutefois que cette coopération reposera avant tout sur la confiance entre les différentes parties. Selon eux, si Abidjan apporte des garanties suffisantes aux pays de l’AES, un partage plus fluide du renseignement pourrait favoriser une meilleure coordination des actions sur le terrain.
Les analystes insistent sur la nécessité d’un cadre formel et équilibré afin d’éviter les malentendus politiques et opérationnels entre les États concernés.
La réussite d’une telle coopération dépendrait notamment de la clarté des engagements et de la réciprocité des garanties sécuritaires.
Dr Ahmadou Touré, directeur du Centre de recherche en gouvernance, médiation et sécurité au Sahel, estime que cette dynamique ne peut fonctionner que dans un cadre structuré et assumé par toutes les parties.
« En matière de sécurité, il n’y a pas d’option. C’est une sécurité collective où le Mali, la Côte d’Ivoire et le Burkina peuvent travailler, mais que cela se fasse dans un cadre officiel », déclare l’analyste.
Il ajoute que c’est une bonne chose si la Côte d’Ivoire veut être avec le Mali et le Burkina.
« Et dans ce cadre aussi, il faudrait que la Côte d’Ivoire donne des garanties fiables. Un cadre dans lequel le gouvernement malien et le gouvernement burkinabé puissent se retrouver. C’est-à-dire qu’on a déjà la force unifiée et la Côte d’Ivoire devrait s’attendre à travailler avec la force unifiée en fonction des orientations politiques de l’AES », indique Dr Touré.
Un enjeu régional stratégique
Au-delà des déclarations, cette perspective de coopération soulève des enjeux stratégiques majeurs pour la stabilité de la sous-région. La circulation des groupes armés et la porosité des frontières imposent, selon les experts, une coordination renforcée entre États voisins.
« Si la coopération se concrétise, c’est une bouffée d’oxygène. Cela va renforcer la lutte contre le terrorisme au Sahel. Et cela va permettre le partage de renseignements », conclut le directeur du centre de recherche en gouvernance, médiation et sécurité au Sahel, docteur Ahmadou Touré.
Reste désormais à savoir si cette volonté politique affichée pourra se traduire en mécanismes opérationnels concrets et durables sur le terrain.
