À l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et ses partenaires ont remis des équipements agricoles et des terres cultivables à des réfugiés et déplacés internes de Koro. L’objectif est de leur permettre de relancer leurs activités agricoles, d’améliorer leurs conditions de vie et de renforcer la cohésion avec les communautés d’accueil.
À l’approche de l’hivernage, plusieurs familles réfugiées et déplacées de Koro disposent désormais de nouveaux moyens pour reprendre les travaux champêtres. Le HCR, avec l’appui de ses partenaires, leur a remis des mini-tracteurs, des semoirs et divers équipements agricoles. Neuf hectares de terres cultivables ont également été mis à leur disposition.
Au-delà de l’appui matériel, cette initiative vise à renforcer l’autonomie des bénéficiaires en leur permettant de produire une partie de leur alimentation et de générer des revenus grâce à l’agriculture.
Pour Sabana Maïga, représentant des réfugiés burkinabè, cette assistance constitue un véritable motif d’espoir.
« Être réfugié n’est pas un choix. Nous avons quitté nos foyers à cause de l’insécurité, des conflits et des violences, en laissant derrière nous nos biens et parfois même des proches. Aujourd’hui, nous retrouvons progressivement l’espoir et la confiance en l’avenir. »
L’agriculture, un levier pour le vivre-ensemble
Les autorités locales estiment que cet accompagnement va bien au-delà du simple soutien agricole. Selon elles, il contribue également à renforcer les liens entre les populations déplacées et les communautés hôtes.
Issa Sagara, premier adjoint au maire de Koro chargé de l’environnement, souligne que l’accès aux équipements agricoles permet aux bénéficiaires de retrouver leur autonomie tout en favorisant la cohésion sociale.
« Équiper quelqu’un en matériel agricole, c’est lui permettre de devenir autonome. Ces agriculteurs ont fui leurs villages à cause de l’insécurité et vivent aujourd’hui avec les communautés d’accueil. Ces équipements contribueront à renforcer le vivre-ensemble. »
Des communautés d’accueil solidaires
Cette solidarité est déjà visible dans plusieurs localités du cercle de Bankass. Selon Ali Guindo, président des déplacés, de nombreuses familles hôtes mettent volontairement des parcelles agricoles à la disposition des personnes déplacées afin qu’elles puissent reprendre leurs activités. Les bénéficiaires saluent cet élan de solidarité. « On m’a donné un champ pour cultiver afin que je puisse subvenir aux besoins de ma famille », témoigne un déplacé.
Un autre ajoute : « J’ai obtenu une parcelle où je fais de l’agriculture. Cela m’aide beaucoup, même si cela ne couvre pas encore tous nos besoins alimentaires. »
Malgré ces appuis, plusieurs obstacles continuent de freiner les efforts des réfugiés et déplacés. Le coût élevé des engrais, des semences et du carburant, ainsi que le manque de terres disponibles, restent des préoccupations majeures.
Originaire de Mbema, dans le cercle de Youwarou, Oumar Coulibaly espère un meilleur accès aux terres agricoles.
« Si nous trouvons des terres, nous allons les cultiver. Nous en cherchons, mais il est difficile d’en obtenir. En plus, l’accès aux engrais et au carburant reste très compliqué. »
À travers la mise à disposition de terres cultivables, d’équipements et d’autres moyens de production, le HCR et ses partenaires misent sur l’autonomisation économique des réfugiés et des déplacés internes.
Au-delà de l’amélioration des revenus, ces initiatives visent à renforcer la résilience des ménages affectés par les crises, à restaurer leur dignité et à favoriser leur intégration durable au sein des communautés d’accueil.
Ecoutez l’intégralité de l’émission Fabu Dirène:
