Le prix de l’or connaît un recule sur le marché international depuis plusieurs mois. Au Mali, le gramme d’or brut se négocie actuellement autour de 77 500 FCFA, tandis que le gramme d’or transformé en bijou dépasse 85 000 FCFA, selon des artisans du secteur. Si cette baisse suscite des interrogations, elle n’a pas encore d’impact significatif sur les activités des bijoutiers, qui continuent de s’approvisionner et de vendre selon les réalités du marché.
Un bijoutier, ayant requis l’anonymat, explique que cette évolution est directement liée aux fluctuations des cours internationaux. Selon lui, les professionnels du secteur sont habitués à ces variations.
« Nous achetons ces bijoux en or à Dubaï pour ensuite les revendre au Mali. Nous misons sur la première qualité. L’or est un actif solide et son prix n’est jamais fixe. Il arrive souvent qu’il recule. Aujourd’hui, nous vendons le gramme d’or en bijou entre 85 000 et 86 000 FCFA. Le prix a baissé, mais cela n’impacte pas notre activité. »
Les tensions géopolitiques influencent les cours de l’or
Pour l’économiste Modibo Mao Makalou, l’évolution récente du prix de l’or est étroitement liée au contexte géopolitique international, notamment aux tensions autour du détroit d’Ormuz, une voie stratégique pour le transport du pétrole et du gaz.
Selon lui, les investisseurs se tournent généralement vers l’or en période d’incertitude. À l’inverse, lorsque les risques diminuent, ils privilégient d’autres placements, ce qui entraîne une baisse des cours.
« Si le détroit d’Ormuz, par lequel transitent environ 20 % du pétrole mondial et une partie importante du gaz, fonctionne normalement, cela réduit les incertitudes. Dans ce contexte, l’or cesse progressivement d’être une valeur refuge. Certains investisseurs vendent alors leurs réserves d’or pour réinvestir dans d’autres actifs », a-t-il précisé.
Un secteur stratégique pour l’économie malienne
Malgré cette baisse des cours, l’or conserve une place centrale dans l’économie du Mali.
D’après l’économiste, le métal précieux contribue à environ 25 % des recettes budgétairesde l’État et représente près de 80 % des exportations du pays.
