Contraintes de fuir leur village à cause de l’insécurité, des centaines de milliers de Maliens tentent encore de reconstruire leur vie. Si certains ont pu regagner leur localité d’origine, d’autres vivent toujours loin de chez eux, parfois depuis plusieurs années. Face à cette situation, les autorités maliennes et leurs partenaires entendent renforcer les réponses pour favoriser une réintégration durable.
Réunis à Bamako la semaine dernière, le ministère de la Santé et du Développement social et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) ont organisé un atelier de trois jours consacré au renforcement du plan d’action de la Stratégie nationale des solutions durables. La rencontre a réuni les services de l’État, les partenaires techniques et financiers, les organisations humanitaires ainsi que des représentants des personnes déplacées, des réfugiés, des rapatriés et des communautés hôtes. L’objectif était d’évaluer les progrès réalisés, d’identifier les défis qui persistent et d’améliorer la coordination des actions en faveur des populations affectées par les crises.
Une crise qui continue de déplacer des milliers de familles
Selon le représentant résident par intérim du PNUD, Roland Sery, l’ampleur de la crise humanitaire exige une mobilisation durable. D’après les données de la Direction nationale du Développement social arrêtées au 30 septembre 2025, le Mali compte 414 524 personnes déplacées internes, 875 681 personnes retournées et 88 783 personnes rapatriées. À ces chiffres s’ajoutent près de 250 000 réfugiés maliens vivant encore dans les pays voisins.
Plus de dix ans après le début de la crise de 2012, les déplacements forcés continuent de fragiliser de nombreuses familles. Pour répondre à cette situation, le Mali s’est doté, en 2024, d’une Stratégie nationale des solutions durables et de son plan d’action afin de dépasser l’assistance d’urgence et d’accompagner les populations vers une réinsertion durable.
Associer les personnes concernées à la recherche de solutions
Pour la ministre de la Santé et du Développement social, le colonel-major Assa Badiallo Touré, ces orientations doivent désormais produire des résultats concrets. Elle estime que des solutions durables passent notamment par un meilleur accès à la sécurité alimentaire, aux moyens de subsistance, au logement, aux services sociaux de base, ainsi que par le respect des droits et la protection des personnes déplacées.
L’un des temps forts de la rencontre a été la participation des premiers concernés. Déplacés internes, rapatriés, réfugiés et représentants des communautés hôtes ont partagé leurs réalités, leurs difficultés et leurs attentes. Pour la ministre, cette démarche est indispensable afin que les politiques publiques soient construites à partir des besoins exprimés par les populations elles-mêmes.
À l’issue des travaux, les autorités maliennes et leurs partenaires ont réaffirmé leur volonté de renforcer leur collaboration pour améliorer la protection des personnes déplacées et des réfugiés, tout en favorisant leur réintégration, leur autonomie et le développement des communautés qui les accueillent. Pour les acteurs réunis à Bamako, les solutions durables ne pourront être efficaces qu’à travers une action concertée, inclusive et adaptée aux réalités du terrain.
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