DDRI, plus de 600 ex-combattants rejoignent les rangs des FAMa
Cérémonie d'intégration des ex-combattants à Tombouctou. Crédit photo : Studio tamani

DDRI, plus de 600 ex-combattants rejoignent les rangs des FAMa

Le processus de paix au Mali franchit une nouvelle étape. Le programme de désarmement, démobilisation, réinsertion et Intégration (DDRI) se poursuit. Au total, 648 ex-combattants issus de milices communautaires et de mouvements armés du Centre et du Nord ont officiellement intégré les Forces armées maliennes (FAMa). L’annonce a été faite par le ministère de la Réconciliation nationale.

Selon le ministère de la Réconciliation nationale, cette première vague est composée de 87 éléments de la milice dogon Dan Na Ambassagou, de 30 chasseurs traditionnels Donso, de 137 combattants issus des mouvements peuls du Centre et de 394 ex-combattants des mouvements armés du Nord.

Ces nouvelles recrues proviennent des régions de Ségou, Mopti, Bandiagara et Tombouctou.

Pour les autorités, cette intégration marque une étape importante dans la mise en œuvre des recommandations du Dialogue inter-Maliens. Elle vise à favoriser le retour de ces ex-combattants au sein des institutions républicaines et à renforcer les capacités des FAMa face aux défis sécuritaires.

Une mesure jugée nécessaire mais pas suffisante

Pour Mohamed Abdellahi Elkhalil, chercheur indépendant et spécialiste des questions sécuritaires et sociales au Sahel, cette intégration constitue une avancée. Mais, selon lui, elle ne garantit pas à elle seule un retour durable à la paix.

« Intégrer des ex-combattants dans l’armée est une stratégie nécessaire, mais elle n’est pas une garantie absolue pour la paix », explique-t-il.

Selon l’analyste, le processus DDR ne peut éliminer tous les risques, mais il permet de les réduire. « L’intégration militaire est un pansement. La paix durable nécessite un traitement de fond, à la fois politique et économique », insiste-t-il.

L’expert rappelle que les désertions observées parmi les recrues intégrées en 2014-2015 s’expliquaient notamment par des affectations locales et des insuffisances logistiques.

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Les défis de la réintégration

Pour Mohamed Abdellahi Elkhalil, le succès de cette nouvelle phase dépendra aussi des conditions de vie au sein des casernes et de la capacité des autorités à favoriser le vivre-ensemble entre les différentes recrues.

Si ces conditions sont réunies, estime-t-il, les risques de nouvelles défections pourraient être considérablement réduits.