Le Bureau du vérificateur général (BVG) révèle des insuffisances dans la gestion de l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI). Dans un rapport portant sur la période 2021 à 2025, il fait état de plus de 350 millions de FCFA de présumées irrégularités financières, ainsi que de plusieurs manquements dans la gestion administrative de cette structure chargée de lutter contre l’enrichissement illicite.Pour des spécialistes, ces constats soulignent la nécessité de renforcer les mécanismes de contrôle et de rendre la lutte contre la corruption plus efficace.
Le rapport du Bureau du vérificateur général met en lumière des insuffisances dans la gestion financière et administrative de l’OCLEI.
Ces révélations suscitent des réactions parmi les acteurs engagés dans la lutte contre la corruption.
« Les Maliens n’ont pas besoin de spectacle »
Le président du Réseau des associations maliennes de lutte contre la corruption et la délinquance financière, Moussa Ousmane Touré, affirme ne pas être surpris par les conclusions du rapport.
« Les Maliens n’ont pas besoin de spectacle, ils ont besoin d’une vraie lutte contre la corruption », insiste monsieur Touré.
Il estime qu’aucun pays ne peut assurer un développement durable sans une politique rigoureuse de prévention et de répression de la corruption.
« C’est une lutte indispensable », ajoute-t-il.
Le contrôle des institutions est « tout à fait normal »
Pour le juriste Ibrahim Ben Mamata Touré, les constats du Bureau du vérificateur général sont préoccupants, mais ils relèvent du fonctionnement normal des institutions publiques.
« L’OCLEI qui se trouve dans le collimateur vis-à-vis de la loi, c’est tout à fait normal. Quand on est appelé à contrôler, à constater et à relever les irrégularités, il faut se dire qu’à son tour, on est aussi susceptible d’être contrôlé. »
Selon lui, aucune institution de l’État n’est au-dessus des mécanismes de contrôle prévus par les lois de la République.
Des investigations attendues
Pour les deux spécialistes, les conclusions du rapport constituent une première étape.
Les investigations et les éventuelles procédures qui pourraient suivre devront permettre de confirmer ou d’infirmer les présumées irrégularités relevées par le Bureau du vérificateur général. Elles devront également établir les responsabilités, le cas échéant.
