Solidarité : quand la musique se transforme en aide aux déplacés internes
Remise de Kits alimentaires aux déplacés au siège de Tabital Pulaku à Banankabougou, Bamako, le 28 juillet 2026. Crédit photo : Studio

Solidarité : quand la musique se transforme en aide aux déplacés internes

À Bamako, les artistes Kadidiatou Bah et One Alisko Poullo ont choisi de faire de leurs concerts un geste de solidarité envers les personnes déplacées internes. Une partie des recettes de leurs prestations a servi à acheter et distribuer des produits de première nécessité à des familles installées à Mountougoula et Farako. Au total, 100 sacs de riz, 100 bidons d’huile et plusieurs cartons de savon ont été remis aux bénéficiaires. En pleine période de soudure, cette aide apporte un précieux soutien à des familles déjà éprouvées par les conséquences de l’insécurité.

La musique ne sert pas seulement à divertir. Elle peut aussi rapprocher, soutenir et redonner un peu d’espoir à ceux qui traversent des moments difficiles. C’est le choix fait par Kadidiatou Bah et One Alisko Poullo.

Après son concert du 24 juillet à Bamako, Kadidiatou Bah a décidé de consacrer une partie de ses recettes aux familles déplacées. Pour l’artiste, ce geste est une manière de rester proche de sa communauté et de participer à l’élan de solidarité envers les personnes vulnérables. Elle appelle également à ne pas oublier les enfants déplacés, notamment leur accès à l’éducation.

« Je partage le peu que je gagne avec les autres. Tout ce que je peux dire aux autres Maliens, c’est de partager avec les siens. On doit s’entraider. Prenons soin de nos déplacés internes et de nos réfugiés, surtout les enfants. Il faut les inscrire à l’école et leur chercher des moyens de survie. Chaque personne vulnérable a droit à un soutien. Si un Malien souffre, c’est le monde entier qui souffre. »

Une aide qui arrive au bon moment

Pour les familles bénéficiaires, le don intervient dans une période particulièrement difficile. En pleine période de soudure, les dépenses alimentaires pèsent davantage sur les ménages, dont certains peinent à satisfaire leurs besoins essentiels.

Oumar Tall, porte-parole des bénéficiaires, décrit cette aide comme un véritable soulagement.

« Kadidiatou Bah nous a beaucoup soutenus. Si nous avions beaucoup de personnes comme elle, personne ne souffrirait. Il y avait parmi nous des gens qui n’avaient même pas de quoi manger. Chacun d’entre nous a fait des bénédictions pour elle, en reconnaissance de ce geste important pour nous. Nous avons été très satisfaits. Nous la remercions. »

One Alisko Poullo, lui aussi, s’engage

À Farako et Mountougoula, One Alisko Poullo a également choisi de partager les fruits de son travail avec les personnes déplacées internes. L’artiste leur a remis des vivres et des produits de première nécessité, estimant que la solidarité est une responsabilité collective.

« C’est un devoir. Chaque Malien qui en a les moyens doit soutenir les déplacés, parce que personne ne sait ce que l’avenir nous réserve. Tous les Africains sont les mêmes, et tous les Maliens aussi. Si l’un d’entre nous est en danger ou rencontre des difficultés, nous devons tous nous mobiliser pour lui apporter notre soutien. Je souhaite que cette guerre prenne fin et que nous retrouvions la paix et la cohésion. »

Derrière les dons, un même espoir : rentrer chez soi

Au-delà des sacs de riz, des bidons d’huile et des cartons de savon, les familles déplacées gardent un espoir plus profond : celui de pouvoir retrouver un jour leurs villages, leurs maisons et leur vie d’avant.

Ibrahim Sarré, porte-parole des bénéficiaires du don de One Alisko Poullo, témoigne de leur reconnaissance.

« Alisko Poullo a fait un grand geste après son dernier concert. Il a partagé ce qu’il a gagné avec les déplacés. Il a apporté 50 sacs de riz et 50 bidons d’huile à ces déplacés internes qui n’avaient aucun soutien. On ne peut que le remercier et lui souhaiter bonne chance. »

À travers ces gestes, Kadidiatou Bah et One Alisko Poullo montrent que l’engagement des artistes peut dépasser la scène. En partageant une partie des fruits de leur travail avec des familles déplacées, ils donnent à la musique une autre portée : celle d’un acte de solidarité, de dignité et de cohésion sociale. Et surtout, ils rappellent aux personnes déplacées qu’au milieu des épreuves, elles ne sont pas seules.

Ecoutez l’intégralité de l’émission Fabu Dirène: