La grâce présidentielle accordée à Yann Vézilier, « agent des services de renseignements français », suscite des réactions au sein de l’opinion publique malienne. Certains y voient un geste susceptible de favoriser l’apaisement et la reprise du dialogue entre Bamako et Paris. D’autres estiment que cette décision ne suffit pas, à elle seule, à normaliser les relations entre les deux pays.
À Bamako comme à l’intérieur du pays, la mesure de grâce accordée à Yann Vézilier est accueillie avec des réactions différentes.
« Ça montre que notre président pense réellement au pays. Mais ce n’est pas pour autant que ça veut dire qu’avec la France on va reprendre les relations qu’on avait auparavant », nous confie une dame que nous avons croisée en circulation à Badalabougou (Bamako).
À Yirimadio, un autre habitant de la capitale estime que la décision mérite d’être saluée : « C’est évident d’applaudir cette initiative prise par les hautes autorités maliennes ».
À Yanfolila, dans la région de Bougouni, un autre citoyen considère également cette grâce comme une décision positive. « On ne connaît pas les coulisses mais si c’est une décision présidentielle de le gracier, je pense que c’est une bonne chose. Je pense bien que ça peut être le début d’une bonne réconciliation entre les deux Etats. »
Un possible signal d’apaisement
Au-delà des réactions citoyennes, cette décision est également analysée comme un éventuel signal d’apaisement dans les relations entre le Mali et la France.
Pour l’universitaire Pierre-Claver Bakoroba Traoré, il est toutefois prématuré de parler de normalisation. « Normalisation, peut-être pas vraiment, mais apaisement, oui. »
Selon lui, les deux pays ont aujourd’hui intérêt à tourner la page. « Plus d’une fois les autorités françaises avaient exprimé le vœu que leur citoyen soit libéré. Donc dans ce sens, je dirai que ça peut apporter un apaisement. »
Quelle suite pour les relations Mali-France ?
La grâce présidentielle accordée à Yann Vézilier peut ainsi être interprétée comme un geste susceptible de contribuer à l’apaisement entre Bamako et Paris. Mais son impact sur les relations bilatérales reste à mesurer.
À noter que cette mesure de grâce est intervenue seulement quelques minutes après l’annonce de la libération de 82 militaires maliens par les groupes armés. Un rapprochement qui alimente les interrogations au sein de l’opinion.
