Du 9 au 12 août 2026, Ouagadougou a accueilli le deuxième Forum humanitaire de la Confédération des États du Sahel. Pendant quatre jours, le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont échangé sur les réponses à apporter aux crises humanitaires qui touchent leurs populations. Avec un objectif affiché : passer d’une gestion ponctuelle des urgences à des solutions capables de renforcer durablement la résilience des communautés.
Cette deuxième édition, placée sous le thème « de l’urgence à la résilience », a permis aux acteurs humanitaires de réfléchir à des réponses mieux adaptées aux réalités du Sahel. Les discussions ont notamment porté sur la coordination des interventions entre les trois pays, mais aussi sur la restauration des services sociaux de base.
La santé, l’action sociale, la protection des moyens d’existence et la relance des activités économiques ont ainsi occupé une place importante dans les échanges. Pour les participants, répondre à une crise ne doit plus seulement consister à apporter une aide immédiate aux populations affectées. Il faut également leur permettre de retrouver progressivement leur autonomie.
La solidarité au cœur de l’action
À l’ouverture du forum, le Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a appelé à repenser l’action humanitaire dans l’espace sahélien. Il a notamment insisté sur la solidarité entre les peuples et sur la nécessité pour les États de renforcer leur capacité à répondre eux-mêmes aux crises.
La participation des femmes à la construction d’un Sahel plus résilient a également été mise en avant. Leur rôle dans les communautés, notamment dans l’accompagnement des familles touchées par les crises, a été souligné.
Le Mali plaide pour des réponses durables
Le Mali a pris part aux travaux avec une délégation conduite par le médecin-colonel-major Assa Badiallo Touré, ministre de la Santé et du Développement social.
Dans son intervention, la ministre a insisté sur la nécessité de dépasser la seule gestion des urgences. Elle a plaidé pour un renforcement des mécanismes de prévention et d’anticipation des crises afin d’agir avant que les situations humanitaires ne s’aggravent.
Elle a également appelé les pays de l’AES à mobiliser davantage de financements endogènes et innovants. Pour les actions qui dépendent encore largement de l’aide extérieure, elle a souhaité des financements plus flexibles, prévisibles et durables, permettant de mieux planifier les interventions sur le long terme.
Les populations au centre des préoccupations
Au-delà des stratégies et des mécanismes de financement, la question des conditions de vie des populations reste au cœur des préoccupations. Dans plusieurs zones touchées par l’insécurité, les déplacements de populations ont fragilisé les moyens d’existence et l’accès aux services essentiels.
La ministre malienne a salué la solidarité manifestée par les communautés d’accueil envers les personnes déplacées et les réfugiés. Une solidarité qui, selon elle, doit être accompagnée par des actions permettant aux populations affectées de retrouver progressivement leurs moyens d’existence.
Une déclaration pour renforcer la coopération
Les travaux du forum se sont achevés par l’adoption de la Déclaration de Ouagadougou. Ce document doit servir de cadre à une action humanitaire davantage coordonnée entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger.
À travers cette déclaration, les trois pays souhaitent notamment renforcer la coopération, améliorer la coordination des interventions et développer des mécanismes permettant de mieux anticiper les crises.
Ce deuxième Forum humanitaire de l’AES marque ainsi une volonté de faire évoluer l’approche humanitaire dans l’espace sahélien. L’enjeu n’est plus seulement de répondre aux besoins immédiats des populations en période de crise, mais aussi de leur donner les moyens de se relever et de reconstruire leur vie.
L’ambition affichée est donc de faire de l’action humanitaire un véritable outil de résilience, capable d’accompagner les populations au-delà de l’urgence et de favoriser un retour progressif à une vie normale.
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