À Mopti, la Journée mondiale de l’aide humanitaire a été marquée par un message fort : « Agir pour l’humanité ». Dans une région où plus de 16 000 personnes déplacées internes ont encore besoin de soutien, les acteurs humanitaires réaffirment leur engagement, malgré l’insécurité et les difficultés d’accès. Des vivres, des produits non alimentaires et des kits sanitaires ont été remis aux populations vulnérables.
Pour Hanaa Singer-Hamdy, coordinatrice humanitaire du système des Nations unies au Mali, l’aide ne doit pas se limiter à répondre aux urgences. Elle doit aussi permettre aux communautés de retrouver progressivement leur autonomie.
« Nous devons investir davantage dans les acteurs locaux, dans les femmes et les jeunes, dans les moyens de subsistance et dans les services sociaux. L’assistance humanitaire doit être une passerelle vers l’autonomie, jamais une dépendance permanente. » Ces propos sont de la coordinatrice humanitaire du système des Nations unies au Mali.
Une vision partagée par la FAO. Pour Abdoul Karim Bah, chef du bureau de l’organisation au Mali, les populations déplacées ont souvent perdu leurs moyens de subsistance et vivent dans des zones difficiles d’accès. D’où l’importance, selon lui, de s’appuyer sur les ONG et les acteurs humanitaires locaux, qui sont au plus près des communautés.
Sur le terrain, l’accès reste un véritable défi
À Mopti comme dans d’autres zones du pays, l’insécurité complique encore l’acheminement de l’aide. Routes dégradées, mines, braquages et banditisme rendent certaines interventions particulièrement difficiles.
La Croix-Rouge malienne peut néanmoins compter sur plus de 10 000 volontaires présents dans les communautés. Son directeur général, Nouhoum Maïga, souligne leur rôle essentiel, tout en rappelant les contraintes logistiques qui limitent encore l’accès aux populations les plus vulnérables.
Malgré ces obstacles, le gouvernement entend poursuivre ses efforts avec ses partenaires. La ministre de la Santé et du Développement social, le colonel Assa Badiallo Touré, rappelle que le plan national de réponse aux besoins des populations vulnérables prévoit d’assister plus de 1,5 million de personnes, notamment à travers la distribution de vivres et de produits de première nécessité.
Pour les déplacés, l’aide soulage… mais le retour reste le souhait
Parmi les bénéficiaires des dons remis à Mopti figurent des personnes déplacées de Kouakourou. Pour Bayeren Thienta, ces vivres et vêtements permettent d’alléger un peu leur quotidien, mais ne répondent pas à toutes leurs préoccupations. « Nous sommes contents d’avoir reçu ces dons. Cela pourra atténuer un peu nos souffrances. Notre autre préoccupation, c’est de pouvoir retourner chez nous. Parmi nous, il y a des cultivateurs, des pêcheurs et des éleveurs. Si nous pouvions bénéficier d’un appui dans ces secteurs, cela nous ferait grand plaisir » dit Bayeren Thienta.
La cérémonie s’est achevée par la remise de kits sanitaires à la Direction régionale de la santé de Mopti. Un geste concret qui rappelle qu’au-delà de l’urgence, l’enjeu reste aussi de permettre aux populations affectées de retrouver leurs moyens de vivre et, un jour, de rentrer chez elles.
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