Alphabétisation au Mali : des centres à l’arrêt à cause de l’insécurité
Capture d'ecran d'une vidéo de studio tamani réalisée à Nioro du Sahel dans un centre d'alphabétisation en 2023

Alphabétisation au Mali : des centres à l’arrêt à cause de l’insécurité

Le monde a célébré ce mardi 8 septembre la Journée internationale de l’alphabétisation. Au Mali, elle constitue une véritable seconde chance pour ceux qui n’ont pas pu aller à l’école ou qui l’ont quittée trop tôt. Mais l’accès à ces apprentissages restent fragiles dans certaines localités du pays à cause notamment de l’insécurité.

Dispensés dans les langues nationales et adaptés aux réalités locales, les cours d’alphabétisation permettent à de nombreuses personnes d’apprendre à lire, à écrire et à compter. Ils contribuent aussi à améliorer la gestion des activités économiques et les conditions de vie des bénéficiaires.

Dans plusieurs localités, des centres d’alphabétisation sont aujourd’hui fermés en raison de l’insécurité et du départ de certains partenaires.

C’est le cas à Bankass où les activités d’alphabétisation destinées aux femmes sont à l’arrêt depuis la crise sécuritaire. Le départ des partenaires a également affecté le fonctionnement des centres dans la zone. Une situation qui prive de nombreuses bénéficiaires d’un apprentissage devenu essentiel dans leur quotidien.

« Dans les centres d’alphabétisation, on nous apprend à lire et à écrire. Nous apprenons à compter aussi. Cet apprentissage nous sert au quotidien et nous permet de mieux gérer nos activités économiques », témoigne Tessougué Lydie Ganna, formatrice au centre Alpha de Bankass. Selon elle, l’insécurité a entraîné le départ des partenaires qui soutenaient ces activités.

Koulikoro face à d’autres difficultés

À Koulikoro, l’alphabétisation se poursuit, mais les moyens restent limités. La commune urbaine compte cette année 10 centres pour 179 auditeurs.

Pour Souleymane Traoré, chef de la section alphabétisation, plusieurs obstacles freinent encore le développement de l’éducation non formelle.

Les cours se déroulent parfois dans des conditions précaires. « Les cours sont dispensés dans des centres provisoires, sous les arbres ou sous les hangars », explique-t-il. « À cela s’ajoutent le faible engagement des collectivités, le manque de temps des femmes et les difficultés d’accès aux livrets d’apprentissage », poursuit Souleymane.

Pour rappel, cette année, la Journée internationale de l’alphabétisation est célébrée sous le thème : « L’alphabétisation pour les peuples, la planète et la prospérité ».

À travers ce thème, l’UNESCO met en avant les progrès réalisés, mais aussi les priorités à définir face aux transformations d’un monde en pleine mutation.

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