Les récentes précipitations enregistrées la semaine dernière dans certaines localités, notamment à Ségou, Koutiala ou encore Bankass, apportent un souffle salvateur aux travaux champêtres. Mais à Niafunké, dans la région de Tombouctou, les paysans scrutent le ciel avec angoisse. Ils redoutent des pertes massives en l’absence de pluie. Entre soulagement au centre et au sud et alerte dans le Nord, la campagne agricole avance à deux vitesses.
Dans la région de Ségou comme dans celle de Bankass, les dernières précipitations ont été accueillies avec soulagement par les producteurs. Elles interviennent alors que certaines cultures étaient affectées par l’absence prolongée de pluie.
À Ségou, le cultivateur Moulaye Kané explique que les conditions restent difficiles pour certaines parcelles. « Je reviens de mon champ. Ma culture de riz a séché. J’ai été obligé de refaire le semis », témoigne-t-il.
Toujours au centre du pays, précisément à Bankass, Mamadou Guindo estime, de son côté, que les dernières pluies ont été bénéfiques pour les cultures. Selon lui, le mil a relativement bien résisté au déficit pluviométrique, tandis que l’arachide a davantage souffert. « On espère que d’ici la fin de l’hivernage, on pourra en tirer quelques récoltes », confie l’agriculteur.
Ces pluies offrent ainsi une nouvelle perspective aux producteurs, même si l’état des cultures varie selon les zones et les types de spéculations.
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À Niafunké, les paysans craignent des pertes importantes
Plus au nord, à Niafunké, la situation demeure beaucoup plus préoccupante. Les producteurs font état d’une forte insuffisance des précipitations et alertent sur les conséquences pour les cultures.
Hamadoun Boubacary Touré, paysan dans la localité, affirme n’avoir jamais connu une telle rareté des pluies depuis son enfance. Il compare la situation actuelle à celle des années 1984-1985.
Selon lui, les champs de mil installés sur les dunes de sable ont déjà séché faute d’eau. Il indique également que plusieurs centaines d’hectares de riz cultivés grâce aux eaux de pluie ont subi le même sort. Le producteur déplore également l’éloignement du fleuve par rapport aux périmètres agricoles. « Le lit du fleuve se trouve désormais à 6 kilomètres de nos périmètres », affirme-t-il.
Partagés entre espoir et inquiétude, les paysans maliens s’arment de courage et continuent d’espérer en la clémence du ciel pour sauver la campagne.
