La rentrée scolaire est effective depuis quelques jours à travers le pays. Mais dans de nombreux établissements, l’état des toilettes reste préoccupant. Manque d’hygiène, insuffisance d’entretien et mauvaises odeurs : certains élèves préfèrent éviter ces espaces, voire se retenir pendant les heures de cours. Face à cette situation, la question de l’entretien et des moyens disponibles se pose.
À Mopti, Fatoumata Konipo, élève, alerte sur les risques sanitaires liés à l’insalubrité des toilettes de son école. Elle plaide pour un entretien régulier afin de préserver la santé des élèves.
« Nous, les filles, demandons à l’administration de chercher quelqu’un qui puisse entretenir les toilettes. Ce serait vraiment utile pour nous et cela nous éviterait certaines maladies », explique-t-elle.
À Bamako, le constat est similaire. Assétou Koné déplore également la saleté des toilettes de son établissement. Elle appelle ses camarades à prendre soin de ces espaces communs. « Dans notre établissement, les toilettes sont sales », regrette-t-elle.

Le manque de moyens complique l’entretien
Du côté des responsables d’établissements, les difficultés d’entretien sont également reconnues. Le manque de moyens et de produits d’hygiène figure parmi les obstacles à une meilleure prise en charge des toilettes scolaires.
À Yorosso, Moussa Goïta, directeur du premier cycle D, reconnaît que les toilettes de son établissement sont en mauvais état, notamment en raison du manque d’entretien. Selon lui, leur assainissement relève des élèves et du gardien de l’école.
Au premier cycle B de Yorosso, Souleymane Koné juge l’état des toilettes acceptable, tout en reconnaissant la nécessité d’améliorations. Il souligne toutefois les difficultés financières auxquelles sa direction est confrontée.
« Nos toilettes sont propres, mais elles ont toujours besoin d’amélioration. La direction n’a pas les moyens de s’en occuper à hauteur de souhait. Nous n’avons pas les produits d’hygiène nécessaires, comme l’eau de Javel, le grésil et le savon », explique-t-il.
À Médina-Coura, le nettoyage est organisé chaque semaine
Certaines écoles ont mis en place une organisation pour assurer l’entretien des toilettes. C’est le cas de l’école Mamadou-Diarra, à Médina-Coura, dans la capitale. Le nettoyage y est effectué chaque semaine.
Selon Abdou Maïga, point focal de l’assainissement de l’établissement, cette tâche est répartie entre les élèves des cinq cours du fondamental que compte l’école. Lors de notre passage, les toilettes étaient dans un état jugé acceptable.
Une responsabilité partagée
Pour Birama Daou, directeur de l’Académie d’enseignement de Diola, l’entretien des toilettes dans les établissements du fondamental relève des comités de gestion scolaire et des directeurs d’écoles.
« Il est de leur responsabilité de mettre en place une organisation interne et de veiller à son bon fonctionnement », précise-t-il.
Malgré les initiatives prises dans certains établissements, l’hygiène des toilettes reste une préoccupation pour de nombreux élèves. Dans les écoles visitées, plusieurs affirment se retenir régulièrement d’aller aux toilettes pendant les heures de cours, notamment à cause des mauvaises odeurs et du manque de propreté.
