Au Mali, la pastèque est appréciée pour sa forte teneur en eau et ses qualités nutritionnelles. Mais ce fruit est également associé à une autre réputation : celle de stimuler le désir sexuel et d’améliorer les performances sexuelles. Une propriété souvent évoquée dans les conversations, mais dont la validité scientifique mérite d’être examinée.
La citrulline au cœur des explications
Selon le nutritionniste interrogé, certaines études scientifiques et ethnobotaniques s’intéressent aux propriétés médicinales de la pastèque et à son association avec les vertus aphrodisiaques. Cette réputation serait notamment liée à la citrulline, un acide aminé présent dans la partie blanchâtre située sous la peau du fruit, ainsi que dans ses graines.
La citrulline intervient dans la production d’oxyde nitrique, une substance qui contribue à la dilatation des vaisseaux sanguins. Ce mécanisme favorise la circulation sanguine, qui joue un rôle essentiel dans le processus de l’érection.
Le nutritionniste établit ainsi un rapprochement entre les effets de la citrulline sur la circulation sanguine et ceux recherchés pour améliorer les performances sexuelles. Il évoque notamment des propriétés comparables à celles du Viagra. Toutefois, cette comparaison ne signifie pas que la pastèque possède la même efficacité que ce médicament, ni que sa consommation améliore nécessairement l’érection.
Des avis partagés en médecine traditionnelle
Du côté de la médecine traditionnelle, des herboristes tradithérapeutes disent ignorer les vertus aphrodisiaques de la pastèque. Elles remarquent néanmoins que les graines sont souvent achetées par des hommes. D’après les explications qu’elles reçoivent, ces achats sont généralement destinés aux semis.
Ces observations témoignent des pratiques autour des graines de pastèque, mais ne permettent pas d’établir un lien avec une utilisation aphrodisiaque.
À ce jour, les preuves scientifiques ne permettent donc pas de considérer la pastèque comme un aphrodisiaque dont l’efficacité est établie. Sa réputation repose sur des mécanismes biologiques plausibles et des croyances, mais son effet direct sur la sexualité humaine reste à démontrer.
