La dégradation de la route entre Bamako et Kayes complique les déplacements et pénalise les activités des transporteurs. Retards importants et véhicules embourbés, les usagers de cet axe stratégique lancent un cri d’alarme.
À Bamako, les transporteurs qui desservent Kayes s’inquiètent des conséquences de l’état de la route sur leurs activités. Selon eux, le mauvais état de cet axe réduit le nombre de véhicules en circulation et affecte leurs revenus.
« Le trajet est long et la route est en piteux état. En plus, nous sommes souvent victimes d’attaques de bandits qui nous dépouillent de tous nos biens », témoigne un transporteur qui a requis l’anonymat.
Un autre professionnel du transport évoque les difficultés économiques auxquelles ses collègues sont confrontés. « Nos revenus dépendent de cette activité, mais aujourd’hui, très peu de cars desservent Kayes à cause du mauvais état de la route. Les passagers sont là, mais il n’y a pas suffisamment de véhicules pour les conduire à destination », explique-t-il.
Des voyages qui peuvent durer plusieurs jours
Pour les passagers, les conséquences sont également importantes. Certains affirment que des trajets autrefois réalisables en une journée nécessitent désormais plusieurs jours, en raison de l’état de la chaussée.
Au-delà des difficultés de déplacement, la dégradation de la route affecte aussi le commerce et l’approvisionnement. Un usager souligne le lien entre l’état des infrastructures routières et le développement économique. « Pas de développement sans routes en bon état ! Le prix des marchandises dépend également de l’état des routes », estime-t-il.
Les embourbements de véhicules illustrent les difficultés rencontrées sur cet axe. Un passager raconte avoir été confronté à plusieurs situations de ce genre au cours de son voyage.
Visionnez cette émission de grand dialogue réalisée à Kayes sur l’état de la RN1 et son impact sur le développement : Dégradation route Kayes-Bamako : quel impact sur le développement de la région ?
« À notre arrivée dans le village de Kobri, nous avons trouvé un camion embourbé. Dans le village suivant, nous avons été confrontés à la même situation. Je lance un appel aux autorités afin qu’elles engagent les travaux de réhabilitation de cette voie », plaide-t-il.
Une mère de famille, éprouvée par les longues heures de voyage, décrit également une route devenue, selon elle, difficilement praticable. « La route reliant la région de Kayes à Bamako est devenue impraticable. Nous demandons à nos responsables de nous venir en aide », lance-t-elle.
Les usagers attendent désormais des mesures pour améliorer leurs conditions de déplacement et faciliter les activités économiques sur cette liaison.
Le trafic reprend sur l’axe Bamako-Diéma-Kayes
Entre-temps, le trafic a repris cette semaine sur l’axe Bamako-Diéma-Kayes, après plusieurs mois d’interruption liés à la situation sécuritaire et à la dégradation avancée de la route. Cette fermeture avait contraint les transporteurs à emprunter l’itinéraire passant par Kita, lui aussi dégradé.
La reprise du trafic ne met toutefois pas fin aux difficultés évoquées par les transporteurs et les passagers, qui continuent de réclamer la réhabilitation de cette voie.
