Le troisième sommet Russie-Afrique s’est ouvert ce mercredi 28 octobre à Moscou. Une vingtaine de dirigeants africains ont pris part à une session plénière aux côtés du président russe, Vladimir Poutine. Au-delà des rencontres diplomatiques, quelles retombées le Mai peut-il tirer de ses précédentes rencontres avec la Russie et, plus largement, des sommets Russie-Afrique ? Deux observateurs politiques dressent un bilan de cette coopération. S’ils relèvent des avancées sur les plans diplomatique et sécuritaire, ils soulignent également les difficultés à concrétiser les engagements économiques et humanitaires.
Sur le plan politique et géopolitique, les deux précédents sommets ont été un succès, estime le spécialiste des relations internationales, Dr Hossene Ben Bamba. Toutefois, leur traduction en réalisations concrètes reste un défi, notamment dans le domaine des investissements.
« Beaucoup de protocoles d’accords et de mémorandums ont été signés, mais ils peinent à se transformer en projets industriels ou en infrastructures sur le terrain », explique-t-il.
Il attribue ces difficultés notamment aux obstacles logistiques et aux contraintes liées aux systèmes de paiement internationaux, dans un contexte de sanctions visant la Russie.
Des avancées sécuritaires
Pour l’enseignant-chercheur et analyste politique Pierre Claver Bakoroba Traoré, le bilan des sommets Russie-Afrique est contrasté. En particulier sur le plan économique, dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine.
Il relève néanmoins un renforcement de la coopération sécuritaire entre la Russie et les pays de la Confédération des États du Sahel (AES). Notamment à travers les échanges militaires et l’acquisition d’armements russes.
« Sur le plan sécuritaire, il y a eu une collaboration beaucoup plus prononcée pour les pays de l’AES. Le bouclier sécuritaire russe s’est renforcé dans pratiquement tous ces pays. L’acquisition d’armements russes et les échanges ont augmenté », souligne-t-il.
Retombées économiques limitées
En revanche, les retombées économiques lui paraissent moins évidentes. L’universitaire évoque également les engagements humanitaires de Moscou, notamment en matière d’aide céréalière, dont la mise en œuvre serait restée partielle selon lui.
« La Russie avait promis de l’aide. En termes de céréales, à ma connaissance, ces promesses n’ont pas été entièrement honorées », conclut l’analyste Pierre Claver Bakoroba Traoré.
À l’ouverture de ce troisième sommet, les deux observateurs attendent des résultats concrets, au-delà des déclarations et des engagements diplomatiques. Ainsi répondre aux besoins des populations africaines.
