Les cas de disparitions et de meurtres suscitent de vives inquiétudes à Bamako. Presque chaque semaine, des avis de recherche sont relayés sur les réseaux sociaux. Si certaines personnes sont retrouvées quelques jours plus tard, d’autres sont découvertes mortes. Quelles sont les causes de ces drames et comment les éviter ?
Âgée de 21 ans, Habibatou Boncana Maïga, étudiante en licence à l’Université Tuniso-malienne UUE, a quitté le domicile familial dans la nuit du 12 octobre. Depuis, ses proches sont sans nouvelles d’elle et multiplient les recherches pour tenter de la retrouver.
Son père, Boncana Ibrahim Maïga, raconte les démarches entreprises depuis sa disparition. « On tente d’appeler son téléphone, mais il est sur répondeur. Très affligé, je ne comprenais plus rien. On a commencé à chercher et à faire des déclarations. Nous sommes allés à la police. J’ai demandé qu’on procède à la localisation de ses numéros de téléphone. Jusqu’à présent, nous n’avons aucune information la concernant. Il n’y a pas de suite, il n’y a rien », déplore-t-il.
Cette inquiétude est renforcée par plusieurs affaires de meurtres signalées ces dernières semaines dans la capitale. Bocar Ly, un jeune homme porté disparu depuis quelques jours, a été retrouvé mort. Quelques jours auparavant, le corps d’un autre jeune avait été découvert à Sébénikoro.
Trois affaires de meurtre sous enquête
La police a annoncé l’interpellation de suspects dans trois affaires d’assassinat, concernant Broulaye Doumbia, promoteur d’un salon de coiffure, Moctar Fofana, un boutiquier de 53 ans, et Abocar Ly.
Selon le directeur général de la police, le principal suspect dans l’affaire de Broulaye Doumbia est un militaire radié qui aurait reconnu les faits.
Les mobiles évoqués dans ces différentes affaires seraient liés à des questions d’homosexualité, une tentative de viol et un règlement de comptes autour de la vente d’un véhicule. Les enquêtes se poursuivent.
L’éducation et la vigilance familiale comme moyens de prévention
Face à ces drames, la question des facteurs qui favorisent les violences se pose. Pour le sociologue Mohamed Eglass, l’éducation des enfants et des jeunes constitue un levier important de prévention.
« Si une personne est soupçonnée d’un crime, elle doit être traduite devant les juridictions compétentes pour être jugée, comme l’exige la loi », rappelle-t-il. Le sociologue estime par ailleurs que les défaillances dans l’éducation peuvent contribuer à certains comportements criminels. Il souligne également la nécessité de prévenir la consommation de drogues et de stupéfiants.
Au-delà de l’éducation, Mohamed Eglass recommande de privilégier le dialogue, l’écoute et la vigilance. Notamment en prêtant attention aux changements de comportement des proches.
