Au Mali, le taux de scolarisation des filles progresse légèrement, passant de 80 % à 81,7 % entre 2019 et 2023. Mais derrière ces chiffres encourageants se cachent de réels défis, notamment pour les filles vivant dans les sites de déplacés, où le mariage précoce et les difficultés familiales freinent encore leur parcours scolaire. Sur plusieurs sites, des initiatives de sensibilisation tentent de changer la donne et de permettre à ces jeunes filles de poursuivre leurs études.
Le Mali a enregistré une légère augmentation du taux brut de scolarisation des filles au premier cycle de l’enseignement fondamental, qui est passé de 80 % à 81,7 % entre 2019 et 2023, selon le ministère de l’Éducation nationale. Malgré cette avancée, le maintien des filles à l’école demeure un défi majeur, notamment sur les sites de déplacés.
À Bamako, sur le site de Faladié, les enfants déplacés sont inscrits à l’école sur place avant d’intégrer des établissements du quartier. Selon Amadou Diallo, responsable du site, certaines filles parviennent à continuer leur scolarité, mais beaucoup abandonnent pour se marier. « Certains parents mettent fin aux études de leurs filles par peur qu’elles refusent le mariage plus tard », explique-t-il. Des aides et des actions de sensibilisation sont néanmoins sollicitées pour permettre aux filles de réaliser leurs rêves scolaires.
Le maintien à l’école, un défi
À Sévaré, le site de Barbé accueille une quarantaine d’élèves, dont les filles sont souvent plus nombreuses que les garçons. Avec l’appui de partenaires tels que Write to Play, des enseignants sont recrutés et des campagnes de sensibilisation sont menées auprès des parents pour assurer la continuité scolaire des filles. « Le mariage ne doit pas être un facteur d’abandon scolaire. Plus une fille est instruite, mieux elle pourra contribuer à la société et à sa famille », affirme Ali Bawourdé Barry, chargé de communication du Réseau Kawral des sept sites.
À Douentza, des localités déplacées comme Drimbé voient également les enfants scolarisés. Malgré des difficultés financières, certains parents font tout pour que leurs filles poursuivent leurs études le plus longtemps possible. Archiké Tamboura, parent d’élève, rappelle « Quand on inscrit un enfant à l’école, il faut assumer, malgré les contraintes économiques. »
Des observateurs appellent à renforcer la sensibilisation des parents et à intensifier l’accompagnement par l’État et les ONG afin que toutes les filles puissent accéder à l’éducation et y rester, même dans les contextes les plus difficiles.
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