Au Mali, le Ramadan est bien plus qu’un mois de jeûne. C’est aussi une période marquée par la solidarité et le partage. Dans certaines structures comme l’ORTM et le Groupe Renouveau, la rupture collective du jeûne est devenue une véritable tradition qui renforce les liens entre collègues.
Il est 18 h 30 dans le jardin de l’Office de radiodiffusion et télévision du Mali (ORTM), à côté de la mosquée. Les tables sont dressées et tout est prêt pour la rupture du jeûne ou l’iftar. Peu à peu, les agents arrivent. À 18 h 40 précises, chacun prend sa première bouchée après une longue journée de jeûne.
Au menu : dattes, galettes, tisane de quinquéliba et tamarin, oranges et beignets traditionnels.
À la manœuvre, Siaka Fofana, surnommé Sabro, éclairagiste à l’ORTM. Depuis plusieurs années, il organise bénévolement la rupture du jeûne au sein de la radio.
« Ici, la rupture est organisée par section, comme un grin. Chacun cotise selon ses moyens pour permettre ce moment de partage », explique-t-il.
Autrefois, les plats étaient achetés à l’extérieur. Aujourd’hui, Sabro prépare lui-même certains mets pour renforcer l’esprit de convivialité.
Autour de lui, l’ambiance devient progressivement festive. Des collègues viennent prêter main-forte et le lieu se transforme en véritable espace de fraternité.
Un moment de convivialité très attendu par les agents

Pour Hawa Mah Camara, journaliste-présentatrice à l’ORTM, ce moment est l’un des plus importants du mois de Ramadan.
« Ce que j’aime le plus, c’est l’ambiance. Parfois, on se retrouve à une vingtaine ou une trentaine. On discute de la journée, des reportages, de l’actualité », raconte-t-elle.
Une atmosphère qu’elle apprécie tellement qu’il lui arrive de venir uniquement pour partager la rupture, même lorsqu’elle n’est pas de service.
Même fidélité chez Famoussa Sidibé, ancien agent de l’ORTM. Bien qu’ayant quitté la structure depuis près de dix ans, il continue de participer à ces retrouvailles chaque Ramadan.
Selon lui, cette tradition remonte aux années 2008-2009.
« Au départ, nos bureaux étaient trop petits. On a donc décidé de sortir dans le jardin pour rompre ensemble. C’est comme ça que la tradition est née », se souvient-il.
Pour lui, l’attachement à ces rencontres s’explique surtout par l’ambiance chaleureuse et les moments d’humour qui accompagnent ces repas collectifs.
Au Groupe Renouveau, une rupture offerte par l’administration

Au Groupe Renouveau, l’organisation est différente. Ici, c’est la direction qui offre gratuitement les repas de rupture, notamment aux équipes de permanence.
Selon le cofondateur du groupe, Markatie Dao, des aménagements sont également faits pendant le Ramadan.
« Nous assouplissons les programmes pour permettre aux agents de concilier travail et obligations religieuses », précise-t-il.
À l’heure de la rupture, les agents de service rejoignent la cantine où sont servis quinquéliba, bouillie, galettes et parfois des plats plus consistants comme le couscous. Cette initiative concerne l’ensemble du personnel.
« Cette rupture est offerte à tous les travailleurs, qu’ils soient musulmans ou non », souligne Markatie Dao.
Une initiative saluée par les travailleurs
Du côté des employés, cette attention est très appréciée. Moussa Coulibaly, technicien de son, estime que cette organisation facilite le travail des équipes de soirée.
« C’est une très bonne initiative. Cela nous évite de rentrer à la maison pour rompre puis revenir travailler », explique-t-il.
Au-delà de l’aspect pratique, il rappelle également la portée spirituelle de ce geste :
« Dans la religion, offrir la rupture du jeûne apporte beaucoup de bénédictions. »
À noter que les autorités ont également procédé à un réaménagement des horaires de travail pendant le mois de Ramadan afin de permettre à de nombreux travailleurs de regagner leurs domiciles avant la rupture du jeûne.
