À quelques jours de la Tabaski, les voyageurs reprennent la route avec prudence
Une gare de bus à Bamako. Photo prise le 18 mai 2026 par Studio Tamani

À quelques jours de la Tabaski, les voyageurs reprennent la route avec prudence

Au Mali, le trafic interurbain reprend progressivement après plusieurs semaines de perturbations liées à l’insécurité sur certains axes routiers. À l’approche de la fête de la Tabaski, cette reprise redonne espoir à de nombreux voyageurs, même si des inquiétudes persistent.

À Badialan, plusieurs gares restent encore peu animées. Certaines compagnies n’ont pas totalement repris leurs activités. La desserte entre Bamako et Kayes, notamment, demeure suspendue depuis plusieurs semaines, selon des agents rencontrés sur place. Assis près de leurs bagages, plusieurs passagers attendent, sans certitude sur l’heure de départ.

« Ma fille et moi avons pris nos billets pour Diéma depuis quelques jours. Depuis hier, nous sommes bloquées à la gare », confie une voyageuse.

Une autre, visiblement résignée, raconte avoir appris trop tard la suspension : « Je n’étais pas informée de l’arrêt du trafic. J’avais déjà réservé. Si rien ne change, nous allons finalement passer la Tabaski à Bamako. »

Une reprise partielle dans certaines gares

À Sogoniko, en revanche, l’ambiance est plus dynamique. Dans plusieurs compagnies, les départs ont effectivement repris ce lundi vers différentes localités du pays.

Un conducteur affirme que les cars desservent à nouveau Sikasso, Bougouni, Loulouni, Fourou, Kadiolo et Zégoua. Il précise toutefois que l’approvisionnement en carburant reste compliqué, ce qui ralentit certaines rotations.

Sur l’axe Bamako-Mopti, un responsable de compagnie indique que deux bus ont déjà quitté la capitale ce matin, marquant une reprise progressive du trafic vers le centre du pays.

Les voyageurs entre impatience et appréhension

Dans les gares, l’attente laisse place à un mélange de soulagement et de prudence. Beaucoup de passagers souhaitent regagner leurs localités pour retrouver leurs proches à l’occasion de la Tabaski.

Assise à l’ombre, le sourire discret, Fanta (prénom d’emprunt) se prépare à rejoindre Sikasso avec ses jeunes frères. « Le départ est prévu à 14 heures. Nous attendons simplement l’embarquement », explique-t-elle.

Kadia, elle, espère encore obtenir un billet pour Dioïla. Comme d’autres voyageurs, elle mise sur l’escorte sécuritaire pour voyager plus sereinement. « J’espère que les FAMa vont assurer notre sécurité pendant le trajet », dit-elle.

Pour rappel, plusieurs compagnies avaient suspendu leurs dessertes ces dernières semaines à la suite de menaces sécuritaires signalées sur différents axes routiers du pays.