À quelques jours de la Tabaski, de nombreuses personnes déplacées internes au Mali redoublent d’efforts pour faire face aux dépenses liées à la fête. Commerce de bétail, coiffure, élevage de volaille ou encore vente d’herbe pour animaux : ces activités génératrices de revenus leur permettent de subvenir aux besoins de leurs familles malgré les difficultés de l’exil.
Dans plusieurs localités du pays, les déplacés internes développent de petites activités économiques afin de gagner quelques revenus à l’approche de la Tabaski. Pour beaucoup, ces initiatives constituent aujourd’hui leur principale source de survie.
« Certains font le commerce du bétail, la vente de cordes ou d’aliments pour animaux. D’autres gardent les troupeaux des commerçants. Il y a aussi ceux qui vendent du son, du bois ou de l’eau », témoigne un déplacé interne.
Selon lui, les aides humanitaires restent insuffisantes, même si elles apportent parfois un soutien ponctuel pendant le Ramadan ou la Tabaski.
À Sévaré, le commerce de bétail et la coiffure comme moyens de subsistance
Installé à Sévaré, Hamadoun Dicko vit du commerce de petits ruminants. En cette période de forte demande, il dit avoir réalisé de bonnes affaires entre Mopti, Fatoma et Boré.
« Mon travail consiste à acheter et revendre du bétail, surtout les petits ruminants. Aujourd’hui, le transport se fait uniquement par véhicule et la crise du carburant a augmenté les coûts. Malgré cela, toute notre vie dépend de ce commerce. »
Pour lui, cette activité représente bien plus qu’un simple métier : c’est une manière de continuer à faire vivre sa famille.
De son côté, Aïssata Touré, originaire de Diallassagou et également installée à Sévaré, gagne sa vie grâce à la coiffure et à la tresse. À l’approche de la fête, les clientes se multiplient.
« Je fais des tresses et je peux coiffer plusieurs personnes par jour. Depuis mon arrivée à Sévaré, cette activité m’aide beaucoup à assurer ma survie », explique-t-elle.
À Bankass, l’élevage de volailles redonne le sourire aux familles
À Bankass aussi, plusieurs déplacés internes parviennent à générer quelques revenus pour préparer la Tabaski. Un père de famille raconte avoir vendu plus de 30 poules à la veille de la fête, pour un montant total de 83 500 FCFA.
« J’ai pu acheter les habits de fête pour ma femme et mes enfants. La Tabaski, ce n’est pas seulement manger de la viande, c’est aussi offrir de la joie à sa famille. »
Un autre déplacé affirme avoir gagné de l’argent grâce à la vente d’herbe destinée au bétail.
« Je vais dans la brousse pour ramasser de l’herbe. Lors de la foire de Bankass, j’ai vendu chaque chargement à 8 000 FCFA. Cet argent m’a permis de couvrir les dépenses de mes enfants. »
Préserver l’esprit de la Tabaski malgré les difficultés
Malgré les déplacements forcés et les conditions de vie précaires, ces familles font preuve de résilience et d’ingéniosité pour préserver l’esprit de la Tabaski.
À travers leurs activités quotidiennes, elles cherchent avant tout à offrir un moment de joie à leurs proches, tout en gardant l’espoir d’un retour prochain dans leurs villages d’origine.
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