La communauté musulmane du Mali célèbre ce mercredi 27 mai la fête de la Tabaski. À la veille de l’événement, les marchés de Bamako restent très fréquentés. Entre musique, animations commerciales et ruées de dernière minute, les vendeurs tentent d’attirer les clients. Mais derrière cette ambiance festive, de nombreux commerçants dénoncent une baisse du pouvoir d’achat, aggravée par les difficultés sécuritaires et les coupures d’électricité.
Au Grand Marché de Bamako, les vendeurs redoublent d’efforts pour séduire les acheteurs. Musique, danses et promotions improvisées rythment les allées bondées.
Parmi eux, Bourama Coulibaly, vendeur de vêtements pour enfants, reconnaît que la clientèle est présente, mais regrette le manque de nouveautés « Les clients sont là, mais nous n’avons pas pu avoir de nouveaux articles comme il le faut. »
Selon lui, les complets pour enfants sont proposés à partir de 2 500 FCFA.
La hausse des coûts impacte les produits alimentaires
Plus loin dans le marché, Mama Coulibaly, vendeuse de pommes de terre et d’oignons, explique que les prix ont fortement augmenté cette année. « L’année dernière, il était plus facile de s’approvisionner. Aujourd’hui, les frais de transport ont doublé à cause des difficultés sur les routes ». Conséquence : le kilo de pommes de terre est désormais vendu à 550 FCFA. Cette flambée des prix touche directement le panier des ménages à l’approche de la fête.
Du côté des consommateurs, les avis divergent. Certains estiment que les prix restent accessibles « Je suis venu acheter des habits et des chaussures pour mes enfants. Un complet coûte environ 3 000 FCFA et une paire de chaussures 1 500 FCFA. »
D’autres dénoncent au contraire une forte hausse des tarifs « J’ai apporté 25 000 FCFA pour acheter des vêtements à mes deux garçons, mais cela n’a pas suffi. Certains complets coûtent près de 15 000 FCFA, et ce sont parfois des anciens modèles. »
Même constat chez plusieurs ménagères, qui dénoncent la hausse des prix des condiments :
« Ce qu’on achetait à 300 FCFA coûte maintenant 500 FCFA. »
Couturiers et coiffeurs confrontés au ralentissement des activités
À la veille de la Tabaski, les ateliers de couture et les salons de coiffure figurent habituellement parmi les lieux les plus fréquentés. Cette année, l’activité semble toutefois moins intense.
À Missira, le couturier Bamoussa Mallé évoque un contexte difficile, marqué par les délestages et la baisse de la clientèle. « Malgré les coupures d’électricité, j’ai réussi à terminer les commandes des clients. Mais les ventes restent faibles. »
Le tailleur affirme avoir plus de 200 complets prêts à être vendus, sans parvenir à écouler son stock.
Même si la situation varie selon les marchés de la capitale, commerçants comme clients dressent le même constat : la Tabaski 2026 ne connaît pas l’engouement observé les années précédentes.
Entre hausse des prix, difficultés économiques et crise énergétique, la fête se déroule dans un contexte particulièrement tendu pour de nombreuses familles bamakoises.
