Le nombre de candidats au baccalauréat continue de diminuer au Mali. Après plus de 230 000 inscrits en 2024 et près de 200 000 en 2025, ils ne sont plus que 146 206 à se présenter à la session 2026. En seulement deux ans, le pays a enregistré une baisse de plus de 88 000 candidats à cet examen, considéré comme la principale porte d’entrée vers l’enseignement supérieur. Cette tendance suscite des interrogations sur l’évolution du système éducatif malien et sur l’avenir de la formation des jeunes.
Pour le sociologue Babou Coulibaly, cette baisse s’explique par plusieurs facteurs. Parmi eux, l’insécurité qui affecte de nombreuses localités du pays. « Sur le plan sécuritaire, la quasi-totalité des écoles rurales qui alimentent aujourd’hui les établissements secondaires dans le nord et le centre du pays ne sont plus opérationnelles », explique-t-il.
Le sociologue ajoute que la fermeture ou le dysfonctionnement de ces écoles réduit progressivement le nombre d’élèves pouvant accéder aux cycles supérieurs, puis au baccalauréat.
Le chômage comme facteur d’abandon des études par certains jeunes
Au-delà des questions sécuritaires, des facteurs socio-économiques entrent également en jeu. Selon monsieur Coulibaly, la difficulté d’insertion professionnelle des diplômés de l’enseignement supérieur décourage une partie des jeunes à poursuivre leurs études.
« Face au chômage, certains se tournent vers des activités génératrices de revenus, notamment les petits métiers ou l’orpaillage, jugés plus rentables à court terme », souligne le sociologue.
Quels risques pour l’avenir ?
Cette baisse continue du nombre de candidats au baccalauréat pourrait avoir des conséquences importantes sur le développement du pays. Selon monsieur Coulibaly, elle risque d’entraîner une pénurie de main-d’œuvre qualifiée et de ralentir les efforts de développement.
Pour amoindrir la chute du nombre de candidats au baccalauréat, des observateurs soulignent l’urgence de renforcer l’accès à l’éducation, particulièrement dans les zones touchées par l’insécurité, tout en améliorant les perspectives d’emploi pour les diplômés.
