Après plus d’un an de tensions diplomatiques, le Mali et l’Algérie renouent officiellement le dialogue. La réouverture de leurs espaces aériens et le retour des ambassadeurs à Bamako et à Alger marquent une nouvelle étape dans les relations entre les deux pays voisins. Pour des analystes, ce rapprochement pourrait avoir des retombées positives sur les plans sécuritaire, économique et humain.
Dans des communiqués publiés vendredi, Bamako et Alger ont annoncé la réouverture de leurs espaces aériens respectifs ainsi que le retour de leurs ambassadeurs. Cette décision met fin à plus d’un an de brouille diplomatique entre les deux États.
Pour Dr Abdoul Sogodogo, analyste politique, maître de conférences à la Faculté des sciences politiques et administratives de Bamako, cette reprise de la coopération répond d’abord à un impératif sécuritaire. Selon lui, le Mali et l’Algérie partagent une longue frontière et font face à des défis communs liés à l’insécurité.
« Ils partagent une réalité géographique qui fait que c’est en conjuguant leurs efforts qu’ils ont toutes les deux plus de chances de sécuriser leurs frontières », souligne l’analyste.
Une normalisation aux enjeux économiques et humains
Ce rapprochement devrait également favoriser les échanges économiques, notamment dans le secteur du transport aérien. La fermeture des espaces aériens compliquait les liaisons entre le Mali et plusieurs destinations internationales.
« La plupart des vols entre le Mali et l’Europe traversent le territoire algérien. La fermeture de l’espace aérien ne faisait que compliquer les déplacements », explique Dr Abdoul Sogodogo.
Au-delà des échanges commerciaux, cette normalisation pourrait aussi faciliter la mobilité des populations. L’universitaire rappelle que les liens entre les deux peuples sont anciens et étroits.
« C’est aussi deux peuples très interpénétrés. Vous avez beaucoup de Maliens qui ont cette double nationalité algérienne et malienne et qui naviguent entre les deux zones », indique-t-il.
La page de la crise diplomatique tournée
Toujours selon Dr Abdoul Sogodogo, cette reprise des relations traduit une volonté commune de dépasser les tensions diplomatiques de ces dernières années.
« Des événements de 2023 jusqu’à aujourd’hui, les deux pays en ont tiré les leçons. Ils peuvent redéfinir leur coopération sécuritaire », conclut l’analyste politique.
