Les injures entre usagers des routes sont punies par la loi au Mali
Route de Sébénikoro, une vue sur la circulation le 15 janvier 2025. Crédit photo : Studio Tamani

Les injures entre usagers des routes sont punies par la loi au Mali

À Bamako, les insultes visant les parents d’autrui sont devenues fréquentes dans la circulation. Souvent prononcées sous le coup de la colère, elles peuvent sembler anodines. Pourtant, elles sont réprimées par la loi. Pourquoi ces comportements se multiplient-ils ? Quelles sanctions encourent leurs auteurs ?

Pour de nombreux usagers, ces injures traduisent un manque de civisme et de maîtrise de soi. D’autres estiment qu’elles sont devenues une habitude préoccupante qui dégrade le vivre-ensemble.

« Il m’est arrivé d’être insulté en circulation, et j’ai aussi insulté d’autres usagers. Pourtant, l’injure ne résout rien et laisse souvent des regrets », reconnaît un automobiliste.

Quand « le manque de courtoisie » domine la circulation

Une passante croisée sur une route assez fréquentée de la capitale regrette le manque de courtoisie entre les conducteurs et autres usagers.

« Certaines personnes saisissent le moindre prétexte pour insulter les parents d’autrui sur la route », déplore la dame.

Pour d’autres, ces dérapages s’expliquent avant tout par l’impatience. « Certains usagers, trop pressés, crient sur les autres en passant. Ce n’est pas une bonne attitude », estime un conducteur de moto-taxi.

Des injures réprimées par le Code pénal

Au-delà de leurs conséquences sur le climat social, ces insultes constituent une infraction au regard de la législation malienne. Selon le juriste Ibrahim Ben Mamata Touré, le nouveau Code pénal encadre clairement cette pratique.

« L’article 327.15 est allé plus loin. Il ne s’agit plus seulement des parents. Les injures visant aussi bien les hommes que les femmes sont concernées », explique-t-il.

Il précise que toute personne reconnue coupable d’injures encourt une peine pouvant aller jusqu’à un an d’emprisonnement et 250 000 francs CFA d’amende.

La courtoisie comme clé d’une circulation apaisée

Embouteillages, stress et impatience peuvent accentuer les tensions dans la circulation. Pour les observateurs, ces difficultés ne sauraient toutefois justifier les insultes.

Ils rappellent que le respect mutuel, la courtoisie et la maîtrise de soi restent essentiels pour prévenir les conflits et favoriser une cohabitation apaisée sur les routes.

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