La Constitution du Mali garantit l’accès à l’information qui est considéré comme un élément essentiel de la bonne gouvernance. Pourtant, les journalistes continuent de rencontrer des difficultés pour accéder aux informations et aux documents publics. L’encadrement de ce droit revient au centre des débats. Notamment à l’occasion de la Journée internationale de l’accès universel à l’information, célébrée ce 28 septembre.
Le Mali ne dispose toujours pas d’une loi unique consacrée spécifiquement à l’accès à l’information. Les dispositions relatives à ce droit sont réparties dans plusieurs textes législatifs. Une situation qui, selon des professionnels des médias, ne facilite pas l’accès aux informations publiques.
Des journalistes font face à plusieurs obstacles. L’accès aux autorités administratives, la méfiance de certains responsables à l’égard des médias, entre autres.
Pour le journaliste reporter Mahamadoune Touré, l’accès aux informations reste particulièrement compliqué dans les services étatiques. « L’accès à l’information est vraiment difficile, nous rencontrons des difficultés, surtout dans les structures publiques. »
« Vraiment, on a tous les problèmes pour faire réagir les autorités. Malgré la garantie de la Constitution, malgré la présentation de la carte de presse. »
De son côté, Yacouba Traoré, également journaliste reporter, souligne les difficultés rencontrées pour obtenir une réaction des autorités. Ceci, même lorsque les journalistes disposent de leur carte professionnelle.
Les faîtières de presse demandent le respect du droit
Face à ces difficultés, les organisations professionnelles de la presse appellent les services publics et privés à faciliter l’accès aux informations. Daouda Konaté, président de l’Union nationale des journalistes du Mali, rappelle que ce droit est garanti par l’article 15 de la Constitution du 22 juillet 2023.
Selon lui, la rétention d’informations et les lourdeurs administratives restent des obstacles majeurs pour les professionnels des médias et les citoyens. Daouda Konaté rappelle également que la question de l’accès à l’information avait déjà été prise en compte dans les textes élaborés dans le cadre de la refondation de la presse en 2021. « C’est un droit aujourd’hui, c’est un droit pour les journalistes, c’est un droit pour les citoyens », ajoute le responsable de l’UNJM.
En l’absence d’un texte unifié et opérationnel, les journalistes continuent ainsi d’exercer leur mission d’information. Ils doivent composer avec des difficultés liées notamment aux procédures administratives, à l’accès aux documents officiels et, dans certains cas, au secret administratif.
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