Rentrée scolaire : les enfants déplacés dans l’incertitude
Des enfants déplacés étudient sous une tente sur un site à Mopti. Crédit photo : Studio Tamani.

Rentrée scolaire : les enfants déplacés dans l’incertitude

À quelques jours de la rentrée scolaire, prévue le 1er octobre au Mali, les familles déplacées font face à de nombreux obstacles pour assurer la scolarisation de leurs enfants. À Mopti comme à Bamako, les difficultés d’hébergement, le manque de moyens financiers et les incertitudes liées aux inscriptions compliquent la reprise des cours.

À Mopti, plusieurs familles ayant fui l’attaque du village de Kouakrou, dans le cercle de Djenné, ont trouvé refuge dans l’école de Djénédaga. À l’approche de la rentrée, elles sont appelées à libérer les salles de classe afin de permettre aux élèves de reprendre les cours.

Selon Youssouf Maïga, directeur de l’établissement, des démarches sont en cours avec les autorités communales pour trouver un nouveau lieu d’hébergement aux personnes déplacées. « Nous avons demandé quelles dispositions avaient été prises. Ils nous ont répondu qu’ils étaient en contact avec la mairie, qui leur avait promis de leur trouver un lieu d’hébergement d’ici la rentrée », explique M. Maïga qui espère qu’« ils pourront quitter les salles de classe avant le jour J, afin que nous puissions préparer les tables-bancs et démarrer les cours normalement le 1er octobre ».

Les familles déplacées confirment avoir été informées de la nécessité de quitter les salles de classe. Elles affirment avoir sollicité les autorités locales pour trouver une solution. Boubacar Thienta, porte-parole des personnes déplacées, indique qu’un nouveau site leur aurait été proposé.

« Nous avons rencontré le chef du village et ses conseillers, qui ont informé la mairie. Celle-ci est, ensuite, venue nous voir pour nous dire qu’elle allait trouver une solution. Elle a établi une liste des familles présentes et nous a informés qu’un site déjà disponible nous serait attribué. Nous sommes sur le point de nous y installer », témoigne-t-il.

À Bamako, l’inscription des enfants pose problème

À Bamako, les familles déplacées de l’ancien site de Faladié sont également confrontées à des difficultés. Depuis le déguerpissement des sites, elles se sont installées dans différents quartiers périphériques de la capitale.

Cette dispersion complique notamment l’inscription des enfants dans les établissements scolaires. Amadou Tamboura, ancien enseignant volontaire auprès des enfants déplacés, affirme que les familles attendent toujours des orientations des services du Développement social.

« Avec le déguerpissement des sites, les personnes déplacées se sont dispersées dans plusieurs quartiers de Bamako, ce qui complique l’inscription des enfants à l’école. Nous attendons les décisions des services du Développement social concernant leur scolarisation. En attendant, la situation reste vraiment difficile », explique-t-il.

Des écoles proches des lieux de résidence réclamées

Pour les familles déplacées, le manque de moyens financiers constitue une autre difficulté majeure. Amadou Diallo, porte-parole des personnes déplacées, rappelle que les enfants bénéficiaient auparavant d’un accès gratuit à l’école sur les anciens sites.

« Ces enfants déplacés étudiaient gratuitement sur les sites. Mais avec le déguerpissement, nous nous sommes retrouvés dispersés un peu partout », souligne-t-il. Avant de déplorer « Aujourd’hui, nous rencontrons de nombreuses difficultés. Nous n’avons pas les moyens d’envoyer nos enfants dans des écoles très éloignées de nos lieux de résidence ».

Les familles souhaitent ainsi que leurs enfants puissent être inscrits dans des établissements proches de leurs nouveaux lieux d’habitation. Elles sollicitent l’appui des autorités, des organisations humanitaires et des personnes de bonne volonté pour faciliter leur scolarisation.

À quelques jours de la rentrée scolaire, prévue le 1er octobre, les familles déplacées de Mopti et de Bamako espèrent donc des solutions rapides. Pour elles, l’accès à l’école reste étroitement lié aux conditions d’hébergement, aux capacités financières des parents et aux mesures prises pour faciliter l’inscription des enfants.

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