Rentrée scolaire au Mali : derniers réglages pour les familles et les écoles
Deux élèves qui se tiennent les mains. Image prise le 30 septembre 2026. Crédit photo : Studio Tamani

Rentrée scolaire au Mali : derniers réglages pour les familles et les écoles

La rentrée scolaire est prévue demain, jeudi 1er octobre 2026 au Mali. À quelques heures de la reprise, les établissements finalisent leurs préparatifs et les familles leurs achats de fournitures. Toutefois, la hausse des prix et les difficultés de scolarisation des enfants déplacés compliquent cette rentrée pour plusieurs familles.

Dans les marchés et les boutiques, les achats de fournitures scolaires se poursuivent. Sacs, cahiers, stylos et autres articles nécessaires à la rentrée coûtent plus cher que l’année dernière, selon des parents et des commerçants. Une situation qui pèse particulièrement sur les familles nombreuses.

Un commerçant explique que les prix varient selon la qualité des articles et les moyens des familles. Il constate toutefois une hausse importante par rapport à l’année dernière.

« Les sacs qui étaient vendus à 4 000 francs CFA l’année dernière sont aujourd’hui à 6 000 francs. Ceux qui coûtaient 6 000 francs sont désormais vendus à 11 000 francs CFA. »

Face à cette augmentation, certains parents doivent revoir leurs achats et privilégier les fournitures les moins coûteuses. Une mère de cinq enfants affirme avoir dépensé 25 000 francs CFA pour leurs fournitures cette année.

Des écoles encore confrontées à la présence de déplacés

Au-delà des dépenses liées aux fournitures, la rentrée pose également des difficultés dans certaines zones touchées par l’insécurité.

À Tombouctou, le second cycle « La Paix » était encore occupé ces derniers jours par des familles déplacées venues de Zouéra. Le directeur de l’établissement, Alhousseini Harber Souleymane, avait alerté sur les difficultés que cette situation pouvait entraîner pour la reprise des cours.

Ce mercredi, des familles ont commencé à quitter l’école pour rejoindre un site situé vers l’abattoir de Tombouctou. Cette évolution devrait permettre à l’établissement de préparer la reprise des cours, même si les salles et le mobilier doivent encore être remis en état.

Dans la région de Mopti, des familles ayant fui l’attaque du village de Kouakrou, dans le cercle de Djenné, occupent également les salles de l’école de Djénédaga. Des démarches sont engagées avec les autorités communales pour leur trouver un autre lieu d’hébergement.

Le directeur de l’établissement, Youssouf Maïga, espère que les familles pourront libérer les salles afin de permettre la remise en place des tables-bancs et le démarrage des cours.

Les personnes déplacées affirment, de leur côté, avoir été informées de la nécessité de quitter les salles. Selon leur porte-parole, Boubacar Thienta, la mairie aurait identifié un nouveau site où les familles doivent s’installer.

Les établissements finalisent leurs préparatifs

À Bandiagara, les préparatifs sont déjà bien avancés dans plusieurs établissements.

À l’école Mamadou Tolo premier cycle B, les opérations de désherbage sont presque terminées. Des travaux de remise en état des tables-bancs sont également prévus.

Le directeur de l’établissement, Gouro Traoré, évoque toutefois des difficultés d’approvisionnement en carburant. Malgré ces contraintes, l’école poursuit les travaux pour être prête à accueillir les élèves demain.

Des préparatifs sont également signalés dans plusieurs autres localités du pays.

À Bamako, la scolarisation des enfants déplacés reste incertaine

Dans la capitale, le déguerpissement des anciens sites de personnes déplacées de Faladié a également des conséquences sur la scolarisation des enfants.

Les familles, désormais dispersées dans plusieurs quartiers périphériques, rencontrent des difficultés pour inscrire leurs enfants dans les établissements scolaires. Selon Amadou Tamboura, ancien enseignant volontaire auprès des enfants déplacés, elles attendent encore des orientations des services du Développement social.

Le coût du transport constitue également une préoccupation. Les enfants bénéficiaient auparavant d’un accès gratuit à l’école sur les anciens sites. Les familles souhaitent désormais que leurs enfants puissent être inscrits dans des établissements proches de leurs nouveaux lieux de résidence.

Elles sollicitent l’appui des autorités, des organisations humanitaires et des personnes de bonne volonté pour faciliter leur scolarisation.

Des parents demandent des transferts pour les élèves orientés loin de leur domicile

Les orientations des admis au DEF vers les établissements secondaires sont désormais disponibles. Mais certaines affectations suscitent des inquiétudes chez des parents, notamment lorsque l’établissement attribué est éloigné du domicile.

Pour l’Association des parents d’élèves, les transferts d’un établissement à un autre doivent être facilités. L’éloignement peut entraîner des dépenses supplémentaires liées au transport et compliquer la poursuite de la scolarité pour les familles disposant de faibles revenus.

Daouda Sacko estime notamment que l’éloignement de l’établissement peut constituer un obstacle à la poursuite de la scolarité.

Le ministère de l’Éducation assure toutefois que des transferts sont possibles. Selon Nouhoum Diarra, conseiller à l’orientation, les demandes peuvent être effectuées en ligne. Les parents doivent notamment fournir la carte d’identité scolaire de l’élève, celle du parent ou tuteur ainsi qu’un certificat de résidence.

Une année scolaire en trois trimestres

L’année scolaire 2026-2027 sera organisée en trois trimestres. Le premier s’étendra du 1er octobre au 23 décembre 2026, le deuxième du 4 janvier au 24 mars 2027 et le troisième du 5 avril au 30 juin 2027.

À quelques heures de la reprise, les établissements poursuivent donc les derniers préparatifs tandis que les familles finalisent les achats et les démarches d’inscription.

Pour certaines d’entre elles, notamment celles confrontées au déplacement, à la hausse des dépenses ou à l’éloignement des établissements, la rentrée du 1er octobre représente ainsi un défi qui dépasse la seule reprise des cours.

Cette rentrée intervient dans le cadre de l’« Année de l’Éducation et de la Culture », avec plusieurs projets annoncés par les autorités, notamment la construction et la réhabilitation d’établissements scolaires.