À Aguelhoc, dans la région de Kidal, la situation alimentaire reste préoccupante pour les personnes déplacées et les familles d’accueil. Pour répondre à l’urgence, le Programme alimentaire mondial (PAM), avec l’appui de ses partenaires, a lancé début septembre une opération de distribution de coupons alimentaires.
Près de 8 000 personnes, soit environ 1 500 ménages, ont bénéficié de cette première phase. Grâce à ces coupons, les familles peuvent se procurer directement des produits alimentaires auprès des commerçants locaux, selon leurs besoins.
Invitée de la semaine du magazine humanitaire Fabu dirène, Aline Samu Nkuelo, Représentante et Directrice pays du PAM au Mali, explique que l’assistance cible à la fois les déplacés et les familles d’accueil, elles-mêmes confrontées à une forte pression sur leurs ressources.
« Les personnes déplacées ont trouvé refuge auprès de familles, de communautés qui se sont retrouvées à partager les maigres ressources qu’elles avaient encore », souligne-t-elle.
Le PAM accorde une attention particulière aux femmes enceintes ou allaitantes et aux enfants en bas âge, dans une zone où la situation nutritionnelle est jugée sévère et où la malnutrition aiguë demeure fortement répandue.
Trois ménages sur quatre peinent à se nourrir
Cette intervention fait suite à une évaluation multisectorielle réalisée par le PAM, ses partenaires et d’autres agences, dès que l’accès à la zone a été possible.
Les résultats sont préoccupants : trois ménages sur quatre déclarent ne plus parvenir à se nourrir convenablement, tandis que 99 % des ménages interrogés font état d’une forte baisse de leur pouvoir d’achat.
Pour Aline Samu Nkuelo, la priorité est aujourd’hui de permettre aux familles de répondre à leurs besoins essentiels. « Il s’agit de survivre », résume-t-elle.
L’aide vise également à soutenir les mécanismes de solidarité déjà développés au sein des communautés, notamment l’entraide entre familles.
Le PAM veut mesurer les effets de l’aide
La question de l’impact de cette assistance reste centrale. Selon la Directrice pays du PAM, il faudra toutefois attendre avant de tirer les premières conclusions. Les distributions venant de commencer, un à deux mois seront nécessaires pour observer les effets d’un meilleur accès à l’alimentation.
Un dispositif de suivi est prévu auprès des bénéficiaires après les distributions. Le PAM entend également recueillir régulièrement leurs appréciations et échanger avec les communautés et leurs leaders.
L’objectif, précise Aline Samu Nkuelo, n’est pas de créer une dépendance, mais plutôt de renforcer les capacités des populations et de favoriser progressivement leur autonomisation.
Cette opération est menée en concertation avec les autorités maliennes, les leaders communautaires, les ONG partenaires et les autres agences intervenant dans la zone, afin de garantir une assistance adaptée aux besoins des populations d’Aguelhoc.
Ecoutez l’ intégralité de l’émission Fabu dirène:
