Privées de leurs terres et contraintes de fuir l’insécurité, de nombreuses personnes déplacées internes trouvent aujourd’hui dans le maraîchage de contre-saison, un moyen de survie et d’autonomisation. À Mopti et à San, des femmes courageuses cultivent la terre pour nourrir leurs familles et reconstruire leur avenir.
En cette période de contre-saison, le maraîchage s’impose comme une véritable source d’espoir pour de nombreuses personnes déplacées internes au centre du Mali. Sur les sites d’accueil de Mopti et de San, femmes et hommes, malgré des conditions de vie précaires, se battent au quotidien pour subvenir à leurs besoins grâce à la culture maraîchère.
Cultiver malgré les difficultés
À Mopti, sur plusieurs sites de déplacés, des femmes se sont lancées dans le jardinage dès leur arrivée. Malgré le manque de moyens financiers, l’accès limité à l’eau et l’insuffisance d’intrants agricoles, elles exploitent de petites parcelles pour produire du gombo, de la salade et d’autres légumes. Ces récoltes servent à la fois à l’autoconsommation et à la vente, générant ainsi de modestes revenus.
« J’ai quitté Bankass pour venir m’installer à Sévaré. Je cultive le gombo et la salade. On gagne un peu, mais si nous avions un espace mieux aménagé et un forage, cela améliorerait beaucoup notre activité », confie une déplacée.
Une autre ajoute « nous avons fui à cause de l’insécurité. Grâce au maraîchage, nous arrivons quand même à gagner un peu pour survivre. »
Au-delà de l’aspect alimentaire, cette activité permet à plusieurs femmes de retrouver une certaine autonomie financière et de réduire leur dépendance à l’aide humanitaire.
Des femmes déplacées régroupées en association
À San, le maraîchage joue également un rôle clé dans la reconstruction des moyens de subsistance. Ramatoulaye Diakité, originaire de Pongo, est l’une de ces femmes déplacées qui ont trouvé refuge loin de leur localité d’origine.
Elle est aujourd’hui la responsable de l’association « Dème », (aide en bambara) qui regroupe une vingtaine de femmes déplacées internes. Grâce à une parcelle mise à leur disposition par les autorités locales et la communauté d’accueil, ces femmes cultivent divers légumes en cette période de contre-saison.
« À notre arrivée, les autorités nous ont attribué un terrain. Nous avons cotisé pour recruter des personnes afin de nous aider dans les travaux. Nous avons acheté des semences et réalisé des bénéfices. Cette activité nous a beaucoup apporté. J’ai même pu ouvrir une petite boutique pour mon fils », explique-t-elle.
Le maraîchage comme moyen de résilience
Selon elle, le maraîchage permet non seulement de nourrir les familles, mais aussi de générer des revenus pour faire face aux besoins essentiels.
« Nous cultivons des aubergines, du piment, des tomates et des haricots. Grâce à cette activité, nous arrivons aujourd’hui à subvenir à nos besoins », ajoute-t-elle.
À Mopti comme à San, ces initiatives témoignent de la capacité de résilience des personnes déplacées internes. En attendant un retour durable à la paix, le maraîchage de contre-saison demeure pour elles bien plus qu’une activité agricole : il représente un moyen de survie, d’autonomisation et surtout un symbole d’espoir.
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