Éducation : des cours de soutien pour raviver l’espoir des enfants déplacés internes
Mopti, le 10 mai 2023 📷 Studio Tamani/Fondation Hirondelle

Éducation : des cours de soutien pour raviver l’espoir des enfants déplacés internes

À Ansongo, dans la région de Gao, des enfants déplacés internes s’accrochent à leur droit à l’éducation, malgré les épreuves qu’ils traversent. À l’approche des examens du DEF, des cours de remédiation leur offrent bien plus qu’un simple appui scolaire. C’est une chance de reprendre confiance et de croire à nouveau en leur avenir.

À Bourra, dans le cercle d’Ansongo, ils sont une quarantaine à se retrouver chaque jour dans des salles de classe improvisées. Derrière cette initiative, le Conseil communal de la jeunesse, déterminé à ne pas laisser ces élèves seuls face aux conséquences du déplacement. « Cette année, environ 45 candidats bénéficient de ces cours », explique son secrétaire général, Sadou Salihou Cissé. Français, mathématiques, physique-chimie ou encore anglais : les matières essentielles sont revues, avec l’ambition d’élargir progressivement le programme.

Sur place, les autorités locales saluent une action qui redonne souffle et dignité à ces enfants. Pour Saloum Maïga, maire chargé de l’éducation, ces cours représentent « une véritable opportunité : celle de retrouver confiance et d’améliorer leurs chances de réussite aux examens ».

Dans les classes, malgré les parcours souvent difficiles, les élèves font preuve d’une détermination remarquable. Les témoignages se ressemblent et traduisent une même volonté d’avancer : « Le cours nous aide beaucoup en maths, en physique-chimie, en rédaction et en anglais », confie l’un d’eux. Un autre ajoute, avec espoir : « Avant, je n’étais pas bon en mathématiques, mais maintenant je crois que je peux réussir. »

Une initiative saluée sur d’autres sites

Ailleurs dans le pays, des initiatives similaires voient le jour, comme à Ségou, où des enfants déplacés bénéficient aussi de cours de rattrapage. Mais la situation reste fragile. À Mopti, le manque de financement a contraint à suspendre certains programmes. « Les années précédentes, ces cours étaient soutenus par des partenaires, mais cette année, nous n’avons pas eu de financement », regrette Julien Diarra, directeur d’école. Malgré tout, des enseignants continuent de s’engager, parfois bénévolement, pour accompagner ces enfants.

Au-delà des leçons et des cahiers, ces cours offrent un espace de reconstruction. Ils redonnent un cadre, un peu de stabilité, et surtout, ils entretiennent une flamme essentielle : celle de l’espoir.

Ecoutez l’ intégralité de l’émission Fabu dirène: