Plus de 200 camions conteneurs, ainsi que de nombreux cars et minibus, sont actuellement immobilisés à Bafoulabé dans l’attente du bac reliant Tintinla à Babôrôtô. Selon les autorités locales, certains voyageurs peuvent patienter jusqu’à un mois avant de traverser le fleuve. Face à cette situation préoccupante, une réunion d’urgence du Comité des épidémies et catastrophes s’est tenue le 23 juin à la mairie de Bafoulabé.
Depuis plusieurs mois, les abords du fleuve à Bafoulabé connaissent une forte affluence. Pour éviter les zones d’insécurité sur certains axes routiers, de nombreux voyageurs et transporteurs empruntent désormais le bac reliant Tintinla, Babôrôtô et Bafoulabé.
Cette situation entraîne un important engorgement sur les deux rives. Des centaines de personnes et de véhicules y sont immobilisés, avec parfois plusieurs semaines d’attente avant de pouvoir traverser.
« Dieu seul sait à quel point nous souffrons. Nous lançons un appel aux autorités. Qu’ils nous viennent en aide en construisant un pont pour faciliter le transport de nos produits vers Bamako », témoigne un voyageur bloqué sur place.
Les autorités répondent à l’appel
Face à cet afflux exceptionnel, les autorités locales ont engagé des échanges avec les populations riveraines qui accueillent gratuitement les voyageurs. L’objectif est de mieux gérer la situation en attendant une amélioration de la circulation.
À l’issue de la réunion d’urgence, plusieurs mesures ont été annoncées pour accélérer les traversées. Les autorités ont notamment décidé de supprimer les pauses du bac et d’élargir les horaires d’exploitation.
Désormais, les rotations s’effectuent de 6 heures à 20 heures sans interruption, contre 6 h 30 à 19 heures auparavant. Ces dispositions visent à réduire progressivement l’importante file d’attente observée sur les deux rives du fleuve.
Des conditions de séjour précaires pour les voyageurs
Pour les autorités, la durée prolongée du séjour des voyageurs soulève également des préoccupations sanitaires et humanitaires.
« Si le séjour prend du temps, cela peut causer des problèmes, notamment des maladies. Nous sommes en train de prendre des précautions pour aider les passants, qui sont obligés de traverser par d’autres rives ou Toufila. L’hébergement n’est pas garanti. Les toilettes ne sont pas garanties. L’accès à l’eau et à la nourriture est difficile », explique Siaka Souleymane Sanogo, préfet de Bafoulabé.
Il ajoute que dans ces conditions précaires, ça risque d’être plus compliqué, si chacun ne fait pas de son mieux.
Un bac vieillissant face à une demande croissante
À l’origine de cette situation se trouve l’état de vétusté de l’unique bac assurant la liaison entre Tintinla, Babôrôtô et Bafoulabé. Conçu pour un trafic bien moins important, il peine aujourd’hui à faire face à l’afflux croissant de voyageurs et de marchandises.
En attendant des solutions plus durables, les usagers continuent de patienter sur les rives du fleuve.
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