À quelques jours du mois de ramadan, les marchés sont bien approvisionnés en denrées de première nécessité. Les prix sont certes instables, mais pour l’heure, ils ne connaissent pas flambée d’après les commerçants.
De « Sikasso place » (la place où sont vendus les produits venant de Sikasso), au nouveau marché de Médina Coura ou « Sougouni coura », en passant par celui de « Bozola Lampanicoro» ainsi que les boutiques au coin des rues de Bamako, la capitale malienne, l’affluence est timide. Toutefois, les produits alimentaires généralement sollicités pendant le ramadan inondent les différents marchés.
Au nouveau marché de Médina Coura en commune II du district de Bamako, tout au long de la ruelle de « Sikasso Place », ce sont des tubercules et des légumes qui tiennent le lead. Il s’agit entre autres de la pomme de terre, de l’igname et de l’oignon. On y trouve également du tamarin et des feuilles d’hibiscus, plus connues sous le nom de « dableni » ou « bisap ».
Arborant un boubou en laine, un bonnet blanc posé sur la tête Ahmed Diabaté, la soixantaine révolue, est le président des commerçants dudit secteur. Il nous confie que les produits en rupture pour l’instant sont le gingembre et la patate douce. « Nous sommes en train de faire de notre mieux pour approvisionner le marché. Le prix du kilogramme de la pomme de terre varie entre 350 F et 400 F CFA contre 500 F il y a deux semaines », indique-t-il.
Assis sous un parasol, portant une chemise à carreaux grise et noire, Tidiani Tapily est également commerçant dans le même marché. « Le prix du kilogramme de dableni est cédé entre 1 250 et 1 300 F CFA. Celui du tamarin est à 750 F », indique-t-il. Le quinquagénaire explique que les mauvaises récoltes d’hibiscus ont fait que le bissap coûte plus cher que le tamarin, cette année.
Des prix abordables comparativement à l’année dernière

Du côté des vendeurs d’oignon, la période semble propice. C’est du moins le constat qu’on fait dès qu’on franchit le seuil dudit marché. Des camions et des tricycles remplis de sacs d’oignons bloquent le passage aux véhicules et motos empruntant le tronçon stade omnisports-Missira.
Pour Adou Yébézé, 26 ans, qui porte un pull à carreaux de couleur bleue : « On se débrouille. Le marché n’est pas stable. Donc tantôt il est propice, tantôt il ne l’est pas. Toutefois, on tire notre épingle du jeu. »
Même constat dans les boutiques à Bozola Lampanicoro, commune II du district de Bamako. Ici aussi, difficile de se frayer un chemin en raison de l’embouteillage que créent les transporteurs de marchandises. Sur place, l’huile, le lait et le sucre sont suffisamment disponibles. « À ce stade, le prix d’aucun des produits cités n’a augmenté », rassure Baba, nom d’emprunt de ce commerçant détaillant ayant requis l’anonymat. Teint clair, d’environ 1 m 80, Baba précise que « le sac de 50 kg de sucre est vendu à 24 500 F CFA, le bidon de 20 litres d’huile à 20 000 F CFA et le sac de 5 kilos de lait à 12 500 F CFA ».
À la question de savoir si les prix des produits vont grimper d’ici le début du ramadan, les uns et les autres affirment qu’il est difficile de répondre à cette question. Mais ils se disent conscients de la cherté de la vie et souhaitent ardemment qu’il n’y ait pas de flambée.
Appel au bon sens des commerçants

Rencontré dans un grin, Drissa Keita est enseignant à Bamako. « J’ai acheté un sac de 100 kg de riz à l’intérieur, à 13 000 F CFA. Habituellement, je l’achète, un peu moins cher, mais avec la crise sécuritaire, ils ont des soucis à ramener les grains de riz à Ségou », explique M. Keita. Il appelle les commerçants à faciliter le ramadan à leurs coreligionnaires. « Bon, c’est pour dire aux commerçants que c’est un mois béni, puisqu’eux-mêmes disent que le pays est à 90 % musulman. On suppose que les prix ne vont pas trop flamber ».
Moussa Sissoko, gestionnaire des ressources humaines, quant à lui, trouve le coût du marché peu abordable à l’approche du ramadan. « Les denrées de première nécessité, il faut le reconnaître, sont chères. Le marché n’est pas du tout abordable. Voilà, c’est le souci de chacun de nous ici », martèle ce chef de famille.
L’inquiétude se lit sur le visage d’Issa Traoré, également chef de famille à Médina Coura. Assis sur une chaise, tenant une mèche de cigarette entre ses doigts, ce retraité s’inquiète d’une flambée des prix. « De toute façon, nous, on craint. Parce qu’au Mali, c’est au moment du mois de ramadan que les prix augmentent ». Même s’il mise, pour l’instant, sur la solidarité de ses proches.« On peut dire que sur le plan social, au Mali, souvent les connaissances viennent te donner quelque chose. Sinon, on n’est pas prêt pour le mois de ramadan », lance-t-il en souriant.
Les assurances du ministre du Commerce

Les autorités, quant à elles, rassurent quant à la disponibilité et à la stabilité des prix. Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, a rencontré le 19 janvier 2026 les opérateurs économiques, importateurs et acteurs de la chaîne d’approvisionnement. Au sortir de cette rencontre, le ministre Diallo a affirmé que « les dispositions nécessaires sont en cours pour assurer la disponibilité et l’accessibilité des produits de grande consommation ».
