Tabaski : quand le mouton vient désormais à la porte des Bamakois
Commerce de mouton improvisé dans une rue de Bamako. Image prise le 6 mai 2026. Crédit photo : Studio Tamani.

Tabaski : quand le mouton vient désormais à la porte des Bamakois

À l’approche de la Tabaski, la vente ambulante de moutons gagne du terrain dans plusieurs quartiers de Bamako. Une pratique qui attire de plus en plus de familles, notamment dans un contexte marqué par la fermeture de plusieurs marchés à bétail pour des raisons sécuritaires. Désormais, les acheteurs n’ont plus besoin de se rendre dans les grands parcs de vente : les vendeurs viennent directement à eux.

Dans les rues et concessions de la capitale, des moutons de toutes tailles sont exposés à même les quartiers. Si cette proximité facilite l’achat pour de nombreux ménages, les prix, eux, restent élevés. Certains clients disent avoir été contraints de revoir leur budget à la hausse pour respecter la tradition.

« J’ai payé un bélier à 120 000 francs CFA. Les moutons sont très chers », confie un père de famille rencontré dans un quartier de la rive droite.

Pour les vendeurs, cette flambée des prix s’explique avant tout par le coût d’achat dans les zones d’approvisionnement. Selon Banégué Sanogo, vendeur de bétail, la hausse ne se limite pas à la capitale. « Le bétail est cher même dans les localités d’origine. Parfois, on a l’impression qu’acheter à Bamako revient presque au même », explique-t-il.

Des ménages contraints de s’adapter

Malgré la cherté, la demande reste soutenue. Les vendeurs affirment que plusieurs animaux sont réservés bien avant leur arrivée à Bamako. Une tendance qui traduit l’attachement des familles à la célébration, en dépit des difficultés économiques.

Modibo Konaté, également vendeur, souligne que le transport du bétail vers la capitale demeure un défi majeur. Entre l’insécurité sur certains axes et les coûts logistiques, l’acheminement devient de plus en plus complexe. Pourtant, les clients continuent d’affluer. « Une grande partie de mes moutons était déjà commandée avant même mon arrivée. Les clients sont nombreux, malgré tout », témoigne-t-il.

Dans ces parcs improvisés installés au cœur des quartiers, les prix varient entre 90 000 et 400 000 francs CFA, selon la taille et la corpulence de l’animal. Une nouvelle manière de vendre qui s’impose peu à peu, alors que la fête approche et que la quête du mouton devient, pour beaucoup, une course de proximité.

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